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lundi 12 décembre 2016

Recueil de nouvelles - Fyodor Mikhailovich Dostoyevsky (livre audio) | @ebookaudio

Recueil de nouvelles - Fyodor Mikhailovich Dostoyevsky (livre audio)Y inclus, gratuitement, "L'arbre de Noël et le mariage" de Dostoiëvski au format.epub, .mobi. et livre audio et "Poésies" de Friedrich Gottlieb Klopstock au format .epup et .mobi
«Les Nuits blanches» : Ubn beau roman d'amour. La rencontre, puis les rendez-vous volés aux rues de Saint-Pétersbourg, quatre soirées durant, d'un homme et une femme que leur sensibilité commune rapproche. Deux cœurs solitaires s'ouvrent l'un à l'autre dans cette douceur du soir qui est sans doute le pays des âmes-sœurs... Une parenthèse d'amour que la brume d'un matin refermera, laissant aux deux rêveurs tout le loisir de s'aimer désormais en rêve. «Le Moujik Marey» : Enfermé parmi les forçats, près de perdre son âme, l'auteur se rappelle un souvenir d'enfance, celui du Moujik Marey, qui lui donne un nouveau regard, qui fait disparaître la haine et la colère de son cœur, qui lui redonne la capacité d'aimer les autres. «Krotkaia» («La Douce») : «Imaginez un mari en présence du cadavre de sa femme étendu sur une table. C'est quelques heures après le suicide de cette femme, qui s'est jetée par la fenêtre. Le mari est dans un trouble extrême et n'a pu encore rassembler ses pensées. Il marche à travers l'appartement et s'efforce d'élucider cet événement.» Ce conte prend la forme d'un récit à lire à voix haute. Le narrateur nous fait partager les interrogations et les tergiversations du mari, ancien officier congédié de l'armée, usurier hypocondriaque. «La Centenaire» : Une vieille, très vieille femme, rencontrée dans la rue. Que devient-elle? L'auteur imagine son dernier voyage, sa dernière rencontre et une fin paisible parmi les siens. «L'Arbre de Noël» : Ce conte n'est pas sans rappeler celle de la «petite fille aux allumettes». Un enfant vient de perdre sa mère, est perdu lui-même dans une grande ville, froide, impersonnelle, un soir de Noël, et meurt tout seul, dans une cour derrière un tas de bois. Il est recueilli par Jésus lui-même, qui l'emmène voir son arbre, l'arbre de Noël de Jésus.
Recueil de nouvelles - Fyodor Mikhailovich Dostoyevsky (livre audio) | @ebookaudio

Roman en neuf lettres - Fyodor Mikhailovich Dostoyevsky (livre audio) | @ebookaudio

Roman en neuf lettres - Fyodor Mikhailovich Dostoyevsky (livre audio)Y inclus, gratuitement, "L'arbre de Noël et le mariage" de Dostoiëvski au format.epub, .mobi. et livre audio et "Poésies" de Friedrich Gottlieb Klopstock au format .epup et .mobi
Dans cette nouvelle - tout à fait mineure dans l'oeuvre de l'auteur, et même d'une qualité assez «moyenne»... - deux joueurs de cartes s'unissent pour extorquer de l'argent à un jeune homme riche, Eugène. Le premier, Pierre Ivanovitch, a emprunté trois cent cinquante roubles au second pour monter cette supercherie et il évite de le rencontrer. Le second lui écrit de longues lettres en l'accusant de mauvaise foi. Enfin, complètement brouillés, chacun d'eux envoie à l'autre un billet doux écrit par la femme de l'autre...
Roman en neuf lettres - Fyodor Mikhailovich Dostoyevsky (livre audio) | @ebookaudio

Humiliés et Offensés - Fyodor Mikhailovich Dostoyevsky (livre audio) | @ebookaudio

Humiliés et Offensés - Fyodor Mikhailovich Dostoyevsky (livre audio)
Dostoïevski a 40 ans lorsqu'il écrit Humiliés et Offensés, peu après son retour d'exil en Sibérie, pour soutenir une revue appartenant à son frère. C'est encore une oeuvre de «jeunesse». Vania, le narrateur, est écrivain de son état. Il recueille Nelly une jeune orpheline dont la mère est morte dans le dénuement et et qui a été reniée par son père. Bien qu'amoureux de Natacha, Vania se sacrifie au profit d'Aliocha, jeune homme faible et influençable dont Natacha est éprise. Entre ces deux histoires, le parfait scélérat - le prince Valkovski, père d'Aliocha, cause des malheurs au long de ce récit. Si Dostoïevski, admirateur des livres d'Eugène Sue, use des procédés classiques du roman-feuilleton - mélodrame sentimental et drame social, scènes à effet rythmant le cours de l'histoire, il va au delà, et les caractères dépeints, notamment ceux de Nelly et du narrateur sont remarquables. Dostoïevski puise dans son expérience personnelle pour décrire Vania.



Humiliés et Offensés - Fyodor Mikhailovich Dostoyevsky (livre audio) | @ebookaudio

L'Idiot -Tome I - Fyodor Mikhailovich Dostoyevsky (livre audio) | @ebookaudio

L'Idiot -Tome I - Fyodor Mikhailovich Dostoyevsky (livre audio)
Y inclus, gratuitement, "L'arbre de Noël et le mariage" de Dostoiëvski au format.epub, .mobi. et livre audio et "Poésies" de Friedrich Gottlieb Klopstock au format .epup et .mobi
Le prince Mychkine est un être fondamentalement bon, mais sa bonté confine à la naïveté et à l'idiotie, même s'il est capable d'analyses psychologiques très fines. Après avoir passé sa jeunesse en Suisse dans un sanatorium pour soigner son épilepsie (maladie dont était également atteint Dostoïevski) doublée d'une sorte d'autisme, il retourne en Russie pour pénétrer les cercles fermés de la société russe. Lors de la soirée d'anniversaire de Nastassia Filippovna, le prince Mychkine voit un jeune bourgeois, Parfen Semenovitch Rogojine arriver ivre et offrir une forte somme d'argent à la jeune femme pour qu'elle le suive. Le prince perçoit le désespoir de Nastasia Philippovna, en tombe maladivement amoureux, et lui propose de l'épouser. Après avoir accepté son offre, elle s'enfuit pourtant avec Rogojine. Constatant leur rivalité, Rogojine tente de tuer le prince mais ce dernier est paradoxalement sauvé par une crise d'épilepsie qui le fait s'écrouler juste avant le meurtre... Ayant créé des liens auprès de la famille Epantchine, il fait la connaissance d'une société petersbourgeoise mêlant des bourgeois, des ivrognes, des anciens militaires et des fonctionnaires fielleux. Se trouvant du jour au lendemain à la tête d'une grande fortune, il avive la curiosité de la société pétersbourgeoise et vient s'installer dans un lieu de villégiature couru, le village de Pavlovsk...
L'Idiot -Tome I - Fyodor Mikhailovich Dostoyevsky (livre audio) | @ebookaudio

L'Idiot -Tome II - Fyodor Mikhailovich Dostoyevsky (livre audio) | @ebookaudio

L'Idiot -Tome II - Fyodor Mikhailovich Dostoyevsky (livre audio)Y inclus, gratuitement, "L'arbre de Noël et le mariage" de Dostoiëvski au format.epub, .mobi. et livre audio et "Poésies" de Friedrich Gottlieb Klopstock au format .epup et .mobi
Le prince Mychkine est un être fondamentalement bon, mais sa bonté confine à la naïveté et à l'idiotie, même s'il est capable d'analyses psychologiques très fines. Après avoir passé sa jeunesse en Suisse dans un sanatorium pour soigner son épilepsie (maladie dont était également atteint Dostoïevski) doublée d'une sorte d'autisme, il retourne en Russie pour pénétrer les cercles fermés de la société russe. Lors de la soirée d'anniversaire de Nastassia Filippovna, le prince Mychkine voit un jeune bourgeois, Parfen Semenovitch Rogojine arriver ivre et offrir une forte somme d'argent à la jeune femme pour qu'elle le suive. Le prince perçoit le désespoir de Nastasia Philippovna, en tombe maladivement amoureux, et lui propose de l'épouser. Après avoir accepté son offre, elle s'enfuit pourtant avec Rogojine. Constatant leur rivalité, Rogojine tente de tuer le prince mais ce dernier est paradoxalement sauvé par une crise d'épilepsie qui le fait s'écrouler juste avant le meurtre... Ayant créé des liens auprès de la famille Epantchine, il fait la connaissance d'une société petersbourgeoise mêlant des bourgeois, des ivrognes, des anciens militaires et des fonctionnaires fielleux. Se trouvant du jour au lendemain à la tête d'une grande fortune, il avive la curiosité de la société pétersbourgeoise et vient s'installer dans un lieu de villégiature couru, le village de Pavlovsk...
L'Idiot -Tome II - Fyodor Mikhailovich Dostoyevsky (livre audio) | @ebookaudio

Le bouffon - Fyodor Mikhailovich Dostoyevsky (livre audio) | @ebookaudio

Le bouffon - Fyodor Mikhailovich Dostoyevsky (livre audio)Y inclus, gratuitement, "L'arbre de Noël et le mariage" de Dostoiëvski au format.epub, .mobi. et livre audio et "Poésies" de Friedrich Gottlieb Klopstock au format .epup et .mobi
Extrait: Chose étrange, il semblait craindre les railleurs bien qu'il dût aux moqueries dont il était l'objet, ses plus sûrs moyens d'existence, car il était le bouffon de tout le monde : son occupation principale, c'était de recevoir des chiquenaudes morales et même physiques, selon la société dans laquelle il se trouvait.
Les bouffons volontaires n'excitent même plus la pitié. Je remarquai cependant que cet homme ridicule n'était pas un pitre professionnel et qu'il restait en lui quelque chose d'élevé. Son air de gêne, la crainte perpétuelle et maladive qui le dominait, pouvaient militer en sa faveur.
Le bouffon - Fyodor Mikhailovich Dostoyevsky (livre audio) | @ebookaudio

Le Double - Fyodor Mikhailovich Dostoyevsky (livre audio) | @ebookaudio

Le Double - Fyodor Mikhailovich Dostoyevsky (livre audio)Y inclus, gratuitement, "L'arbre de Noël et le mariage" de Dostoiëvski au format.epub, .mobi. et livre audio et "Poésies" de Friedrich Gottlieb Klopstock au format .epup et .mobi
Extrait: Ce matin-là, assis dans un confortable fauteuil dans son bureau, il buvait une tasse de café, que venait de lui apporter sa femme, fumait un excellent cigare tout en rédigeant quelques ordonnances pour ses malades. Il venait de recommander un onguent à un vieillard souffrant d’hémorroïdes et, l’ayant reconduit jusqu’à la porte, reprit place dans le fauteuil, attendant la visite suivante. C’est à ce moment-là que M. Goliadkine fit son entrée. Tout porte à croire que Christian Ivanovitch ne s’attendait aucunement à cette visite et que, de plus, il n’avait nulle envie de voir devant lui M. Goliadkine, à en juger par son trouble subit et l’expression étrange et même courroucée qui apparut sur son visage. De son côté, M. Goliadkine éprouvait toujours beaucoup de gêne et de confusion quand il s’agissait d’entrer en rapports avec quelqu’un et de lui parler de ses affaires. N’ayant pas eu le temps de préparer son préambule, – ce qui constituait toujours pour lui un réel obstacle, – il perdit pied, murmura quelques paroles incohérentes, des excuses, et, ne sachant plus quelle attitude prendre, s’assit sur une chaise. Mais il se rendit compte immédiatement que personne ne l’avait invité à s’asseoir, et, sentant l’inconvenance de son acte, voulut réparer cette infraction aux usages mondains : c’est pourquoi, quittant précipitamment le siège usurpé, il se remit sur ses pieds.
Le Double - Fyodor Mikhailovich Dostoyevsky (livre audio) | @ebookaudio

La femme d'un autre et un mari sous le lit - Fyodor Mikhailovich Dosto | @ebookaudio

La femme d'un autre et un mari sous le lit - Fyodor Mikhailovich Dostoyevsky (livre audio)Y inclus, gratuitement, "L'arbre de Noël et le mariage" de Dostoiëvski au format.epub, .mobi. et livre audio et "Poésies" de Friedrich Gottlieb Klopstock au format .epup et .mobi
Extrait: Le jeune homme en békécha remarqua alors que son interlocuteur à la pelisse de raton, avait un air quelque peu bizarre. Son visage renfrogné était assez pâle, sa voix tremblait, ses pensées s’égaraient visiblement, ses paroles venaient difficilement. Manifestement, il lui coûtait beaucoup de formuler son humble prière à un étranger, hiérarchiquement inférieur, peut-être, soit par le grade, soit par la classe. Car il se voyait absolument contraint d’adresser à quelqu’un sa prière. Et cette demande était, en tout cas, inconvenante, inconsidérée, étrange, de la part d’un bourgeois portant une pelisse aussi élégante et un frac aussi beau, d’une merveilleuse couleur vert sombre, et qu’ennoblissait une série de décorations. Il était évident que l’homme se sentait mal à l’aise lui-même à cause de l’élégance de son costume. Pourtant, dominant son trouble, il se ressaisit par un effort de volonté, décidé à mettre fin, le plus dignement possible à la scène désagréable qu’il venait de provoquer.
– Vous m’excuserez… je suis hors de moi… il est vrai que vous ne me connaissez pas… pardon de vous avoir importuné… je me ravise…
La femme d'un autre et un mari sous le lit - Fyodor Mikhailovich Dosto | @ebookaudio

L'honnête voleur - Fyodor Mikhailovich Dostoyevsky (livre audio) | @ebookaudio

L'honnête voleur - Fyodor Mikhailovich Dostoyevsky (livre audio)Y inclus, gratuitement, "L'arbre de Noël et le mariage" de Dostoiëvski au format.epub, .mobi. et livre audio et "Poésies" de Friedrich Gottlieb Klopstock au format .epup et .mobi
Extrait: Quand Agrafena s’était mis en tête quelque chose, rien ne l’en pouvait déloger ; et je savais qu’elle ne me laisserait pas tranquille tant qu’elle n’aurait pas obtenu ce qu’elle voulait. Dès que quelque chose n’allait pas à sa guise, elle devenait pensive et profondément mélancolique. Cet état durait deux ou trois semaines et, pendant toute cette période, la cuisine était manquée, le linge se perdait, les planchers n’étaient pas lavés, en un mot tout allait de travers. J’avais remarqué depuis longtemps que cette femme taciturne ne pouvait pas prendre une décision, s’arrêter à une idée quelconque qui lui fût personnelle. Mais si dans sa faible cervelle se formait accidentellement quelque chose ressemblant à une idée, à une décision, y mettre obstacle c’était la tuer moralement, pour un certain temps. C’est pourquoi, aimant par dessus tout ma tranquillité, je consentis aussitôt.
– A-t-il au moins des papiers, un passeport, ou quelque chose ?
– Comment donc ! Sans doute il a tout. C’est un brave homme, qui a beaucoup vu. Il a promis de payer trois roubles.
L'honnête voleur - Fyodor Mikhailovich Dostoyevsky (livre audio) | @ebookaudio

Prohartchine - Fyodor Mikhailovich Dostoyevsky (livre audio) | @ebookaudio

Prohartchine - Fyodor Mikhailovich Dostoyevsky (livre audio)Y inclus, gratuitement, "L'arbre de Noël et le mariage" de Dostoiëvski au format.epub, .mobi. et livre audio et "Poésies" de Friedrich Gottlieb Klopstock au format .epup et .mobi
Extrait: Sémione Ivanovitch avait été promu favori d’Oustinia Féodorovna du jour qu’on avait conduit au cimetière de Volkovo certain cadavre qui, de son vivant, avait trop aimé les liqueurs. Retraité du service civil – pour ne pas dire chassé, ce personnage, en dépit de son œil crevé et de sa jambe manquante – perdus, à ce qu’il disait « dans un accident de bravoure » – ce personnage n’en avait pas moins su gagner toutes les faveurs dont Oustinia Féodorovna pouvait être la dispensatrice et sans doute eût-il encore longtemps vécu en pique-assiette s’il ne fût subitement mort en ivrogne fieffé à la suite de libations immodérées. Cela se passait à Pieski alors qu’Oustinia Féodorovna n’avait que trois locataires, sur lesquels, après transfert et extension de l’établissement, il ne lui resta plus que le seul M. Prohartchine.
Faut-il en incriminer les incontestables défauts de M. Prohartchine ou ceux de ses nouveaux commensaux ? mais, dès le début, les relations ne sembla
ient pas des plus excellentes. Il faut qu’on sache que les nouveaux pensionnaires d’Oustinia Féodorovna vivaient en vrais frères. Plusieurs étaient employés dans les mêmes bureaux. Ils perdaient tour à tour leur paie en jouant entre eux chaque premier du mois ; tous aimaient à jouir en compagnie des joies de l’existence. Ils se plaisaient aussi parfois à deviser de choses élevées, bien que tout ne se passât pas alors sans escarmouches, mais l’accord se rétablissait bientôt, les préjugés étant bannis de cette république.
Prohartchine - Fyodor Mikhailovich Dostoyevsky (livre audio) | @ebookaudio

mardi 25 octobre 2016

Souvenirs de la maison des morts - Fiodor Dostoïevski (livre audio) | @ebookaudio

Souvenirs de la maison des morts - Fiodor Dostoïevski (livre audio)Y inclus, gratuitement, "Le grand Inquisiteur" du même auteur,  en format .epub et .mobi et audio .mp3.
Ce roman a également été traduit sous les titres Récits de la maison des morts et Les Carnets de la maison morte, le titre russe étant : Записки из Мертвого дома (littéralement, Notes [provenant] de la maison morte). Ce roman a été commencé en 1855, après que l'auteur eut purgé une peine de cinq ans de bagne. Il fut publié en 1862. Premier récit sur le système pénitentiaire des tsars, c'est une œuvre phare de la littérature concentrationnaire.

Extrait : Les fonctionnaires, qui forment à bon droit la noblesse sibérienne, sont ou des gens du pays, Sibériens enracinés, ou des arrivants de Russie. Ces derniers viennent tout droit des capitales, séduits par la haute paye, par la subvention extraordinaire pour frais de voyage et par d’autres espérances non moins tentantes pour l’avenir. Ceux qui savent résoudre le problème de la vie restent presque toujours en Sibérie et s’y fixent définitivement. Les fruits abondants et savoureux qu’ils récoltent plus tard les dédommagent amplement ; quant aux autres, gens légers et qui ne savent pas résoudre ce problème, ils s’ennuient bientôt en Sibérie et se demandent avec regret pourquoi ils ont fait la bêtise d’y venir. C’est avec impatience qu’ils tuent les trois ans, – terme légal de leur séjour ; – une fois leur engagement expiré, ils sollicitent leur retour et reviennent chez eux en dénigrant la Sibérie et en s’en moquant. Ils ont tort, car c’est un pays de béatitude, non seulement en ce qui concerne le service public, mais encore à bien d’autres points de vue. Le climat est excellent ; les marchands sont riches et hospitaliers ; les Européens aisés y sont nombreux. Quant aux jeunes f
illes, elles ressemblent à des roses fleuries ; leur moralité est irréprochable. Le gibier court dans les rues et vient se jeter contre le chasseur. On y boit du champagne en quantité prodigieuse ; le caviar est étonnant ; la récolte rend quelquefois quinze pour un. En un mot, c’est une terre bénie dont il faut seulement savoir profiter, et l’on en profite fort bien !

C’est dans l’une de ces petites villes, – gaies et parfaitement satisfaites d’elles-mêmes, dont l’aimable population m’a laissé un souvenir ineffaçable, – que je rencontrai un exilé, Alexandre Pétrovitch Goriantchikof, ci-devant gentilhomme-propriétaire en Russie. Il avait été condamné aux travaux forcés de la deuxième catégorie, pour avoir assassiné sa femme. Après avoir subi sa condamnation, – dix ans de travaux forcés, – il demeurait tranquille et inaperçu en qualité de colon dans la petite ville de K… À vrai dire, il était inscrit dans un des cantons environnants, mais il vivait à K…, où il trouvait à gagner sa vie en donnant des leçons aux enfants. On rencontre souvent dans les villes de Sibérie des déportés qui s’occupent d’enseignement.
Souvenirs de la maison des morts - Fiodor Dostoïevski (livre audio) | @ebookaudio

Un printemps à Pétersbourg - Fiodor Dostoïevski (livre audio) | @ebookaudio

Un printemps à Pétersbourg - Fiodor Dostoïevski (livre audio)Y inclus, gratuitement, "Le grand Inquisiteur" du même auteur,  en format .epub et .mobi et audio .mp3.
Les Annales de Pétersbourg est une chronique.

Extrait : De pareils cadeaux de la nature nous convainquent complètement de sa renaissance. Ainsi c’est le printemps. L’époque classique de l’amour ! Mais l’époque de l’amour et celle de la poésie ne viennent pas en même temps, dit le poète : et Dieu soit loué ! Adieu les poèmes, adieu la prose, adieu les grands périodiques avec ou sans programmes, adieu les journaux. Adieu Littérature et pardonne-nous. Pardonne-nous si nous avons péché contre toi, comme nous te pardonnons tes péchés. Mais comment sommes-nous arrivés à parler de littérature avant toute autre chose ? Je ne vous réponds pas, messieurs. Il faut, avant tout, se débarrasser des choses lourdes. À peine, à peine avons-nous traîné jusqu’au bout la saison des livres, et nous avons raison, bien qu’on dise que c’est un fardeau très naturel. Bientôt, peut-être dans un mois, nous ficellerons en tas nos revues et nos livres et ne les regarderons plus avant septembre.

Alors probablement, il y aura de quoi lire, contrairement au proverbe : il ne faut pas abuser des bonnes choses. Bientôt les salons seront fermés ; on ne donnera plus de soirées, les jours seront plus longs, et nous ne bâillerons plus de si charmante façon dans les salons surchauffés, près des cheminées élégantes, écoutant la nouvelle qu’
on nous lit ou qu’on nous raconte en abusant de notre innocence. Nous n’écouterons plus le comte de Suzor 2, qui s’en est allé à Moscou adoucir les mœurs des slavophiles. Après lui, et probablement pour le même but, partira Gverra 3. Oui, nous perdons beaucoup avec l’hiver.
Nous nous préparons à ne rien faire de l’été. Nous sommes fatigués. Il est temps pour nous de nous reposer. Ce n’est pas en vain qu’on dit que Pétersbourg est une ville si européenne, si affairée. C’est un fait. Laissez-le donc se reposer ; permettez-lui d’aller dans ses campagnes, dans ses forêts. Il a besoin de la forêt, au moins pendant l’été. C’est seulement à Moscou qu’on se reposeavant l’affaire.Pétersbourg se repose après. Chaque été, en se promenant, il se recueille. Peut-être même pense-t-il maintenant à ce qu’il fera l’hiver prochain. Sous ce rapport, il ressemble beaucoup à un littérateur qui, il est vrai, n’a rien écrit lui-même, mais dont le frère eut pendant toute sa vie l’intention d’écrire un roman.
Un printemps à Pétersbourg - Fiodor Dostoïevski (livre audio) | @ebookaudio

Les possédés - Fiodor Dostoïevski (livre audio) | @ebookaudio

Les possédés - Fiodor Dostoïevski (livre audio)
Y inclus, gratuitement, "Le grand Inquisiteur" du même auteur,  en format .epub et .mobi et audio .mp3.
«Est-il possible de croire? Sérieusement et effectivement? Tout est là.» Stavroguine envoûte tous ceux qui l'approchent, hommes ou femmes. Il ne trouve de limite à son immense orgueil que dans l'existence de Dieu. Il la nie et tombe dans l'absurdité de la liberté pour un homme seul et sans raison d'être. Tous les personnages de ce grand roman sont possédés par un démon, le socialisme athée, le nihilisme révolutionnaire ou la superstition religieuse. Ignorant les limites de notre condition, ces idéologies sont incapables de rendre compte de l'homme et de la société et appellent un terrorisme destructeur. Sombre tragédie d'amour et de mort, «Les Possédés» sont l'incarnation géniale des doutes et des angoisses de Dostoïevski sur l'avenir de l'homme et de la Russie. Dès 1870, il avait pressenti les dangers du totalitarisme au XXe siècle.

Extrait : Je le dirai franchement : Stépan Trophimovitch a toujours tenu parmi nous, si l’on peut ainsi parler, l’emploi de citoyen ; il aimait ce rôle à la passion, je crois même qu’il serait mort plutôt que d’y renoncer. Ce n’est pas que je l’assimile à un comédien de profession : Dieu m’en préserve, d’autant plus que, personnellement, je l’estime. Tout, dans son cas, pouvait être l’effet de l’habitude, ou mieux, d’une noble tendance qui, dès ses premières années, l’avait constamment poussé à rêver une belle situation civique. Par exemple, sa position de « persécuté » et d’« exilé » lui plaisait au plus haut point. Le prestige classique de ces deux petits mots l’avait séduit une fois pour toutes ; en se les appliquant, il se grandissait à ses propres yeux, si bien qu’il finit à la longue par se hisser sur une sorte de piédestal fort agréable à la vanité.

Je crois bien que, vers la fin, tout le monde l’avait oublié, mais il y aurait injustice à dire qu’il fut toujours inconnu. Les hommes de la dernière génération entendirent parler de lui comme d’un des coryphées du libéralisme. Durant un moment, – une toute petite minute, – son nom eut, dans certains milieux, à peu près le même retentissement que ceux de Tchaadaïeff, de Biélinsky, de Granovsky et de Hertzen qui débutait alors à l’étranger. Malheureusement, à peine commencée, la carrière active de Stépan Trophimovitch s’interrompit, brisée qu’elle fût, disait-il par le « tourbillon des circonstances ». À cet égard, il se trompait. Ces jours-ci seulement j’ai appris avec une extrême surprise, – mais force m’a été de me rendre à l’évidence, – que, loin d’
être en exil dans notre province, comme chacun le pensait chez nous, Stépan Trophimovitch n’avait même jamais été sous la surveillance de la police. Ce que c’est pourtant que la puissance de l’imagination ! Lui-même crut toute sa vie qu’on avait peur de lui en haut lieu, que tous ses pas étaient comptés, toutes ses démarches épiées, et que tout nouveau gouverneur envoyé dans notre province arrivait de Pétersbourg avec des instructions précises concernant sa personne. Si l’on avait démontré clair comme le jour au très honorable Stépan Trophimovitch qu’il n’avait absolument rien à craindre, il en aurait été blessé à coup sûr. Et cependant c’était un homme fort intelligent.
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Les nuits blanches - Fiodor Dostoïevski (livre audio) | @ebookaudio

Les nuits blanches - Fiodor Dostoïevski (livre audio)Y inclus, gratuitement, "Le grand Inquisiteur" du même auteur,  en format .epub et .mobi et audio .mp3.
Un jeune fonctionnaire parcourt Saint-Pétersbourg en tous sens pour tromper son ennui et sa solitude. Au retour d'une promenade, il croise sur les bords de la Néva une jeune fille qui pleure. Il voudrait l'aborder mais n'ose pas, pourtant il lui évite d’être importuné par un homme saoul. Elle accepte d'être raccompagnée chez elle. Les deux jeunes gens promettent de se revoir le lendemain soir au même endroit.

Extrait : En pensant aux « méchants », je songeai, non sans plaisir, à la façon dont j’avais employé la journée qui venait de finir. Dès le matin, j’avais été pris d’un étrange chagrin : il me semblait que tout le monde me fuyait, m’abandonnait, qu’on me laissait seul. Certes, on serait en droit de me demander : Qui est-ce donc ce « tout le monde » ? Car, depuis huit ans que je vis à Pétersbourg, je n’ai pas réussi à me faire un seul ami. Mais qu’est-ce qu’un ami ? Mon ami, c’est Pétersbourg tout entier. Et s’il me semblait ce matin que « tout le monde » m’abandonnait, c’est que Pétersbourg tout entier s’en était allé à la campagne. Je m’effrayais à l’idée que j’allais être seul. Depuis déjà trois jours, cette crainte germait en moi sans que je pusse me l’expliquer, et depuis trois jours j’errais à travers la ville, profondément triste, sans rien comprendre à ce qui se passait en moi. À Nevsky, au jardin, sur les quais, plus un seul visage de connaissance. Sans doute, pas un ne me connaît parmi ces visages de connaissance, mais moi je les connais tous et très particulièrement ; j’ai étudié ces physionomies, j’y sais lire leurs joies et leurs tristesses, et je les partage. Je me suis lié d’une étroite amitié (peu s’en faut du moins, car nous ne nous sommes jamais parlé) avec un petit vieillard que je rencontrais presque tous les jours, à une certaine heure, sur la Fontanka. Un vénérable petit vieillard, toujours occupé à discuter avec lui-même, la main gauche toujours agitée et, dans la droite, une longue canne à pomme d’or. Si quelque accident m’empêchait de me rendre à l’heure ordinaire à la Fontanka j’avais des remords, je me disais : Mon petit vieillard a le spleen. Aussi étions-nous vivement tentés de nous saluer, surtout quand nous nous trouvions tous deux dans d
e bonnes dispositions. Il n’y a pas longtemps, – nous avions passé deux jours entiers sans nous voir, – nous avons fait ensemble simultanément, le même geste pour saisir nos chapeaux. Mais nous nous sommes rappelé à temps que nous ne nous connaissions pas et nous avons échangé seulement un regard sympathique.

Je suis très bien aussi avec les maisons. Quand je passe, chacune d’elles accourt à ma rencontre, me regarde de toutes ses fenêtres et me dit : « Bonjour ! comment vas-tu ? Moi, grâce à Dieu, je me porte bien. Au mois de mai on m’ajoutera un étage. » Ou bien : « Comment va la santé ? Demain on me répare. » Ou bien : « J’ai failli brûler, Dieu ! que j’ai eu peur ! » etc. D’ailleurs, je ne les aime pas toutes également, j’ai mes préférences. Parmi mes grandes amies, j’en sais une qui a l’intention de faire, cet été, une cure chez l’architecte : je viendrai certainement tous les jours dans sa rue, exprès pour voir si on ne la soigne pas trop, car ces médecins-là !… Dieu la garde !
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Niétotchka Nezvanova - Fiodor Dostoïevski (livre audio) | @ebookaudio

Niétotchka Nezvanova - Fiodor Dostoïevski (livre audio)Y inclus, gratuitement, "Le grand Inquisiteur" du même auteur,  en format .epub et .mobi et audio .mp3.
Nétotchka Nezvanova est un roman inachevé de l'écrivain russe Fiodor Dostoïevski écrit entre 1847 et 1849. Bien que le roman de Dostoievski, Niétotchka Nezvanova, occupe une place importante dans l'œuvre du génial écrivain russe, il était resté jusqu'à présent inédit en langue française. Il est vrai que si l'on cherche parmi les ouvrages de Dostoievski, parus en français, on découvre trois romans, attribués à cet auteur, traduits par M. Halpérine-Kaminsky, et dans chacun desquels se retrouvent certains des personnages et des faits qui appartiennent au roman de Dostoievski Niétotchka Nezvanova. Ces trois traductions, publiées chez trois éditeurs différents, sont, dans l'ordre de leur parution : Dostoievsky : Âme d'enfant ; Dostoievsky : Les Étapes de la Folie ; Dostoievsky : Netotchka. Chez les antiquaires, il existe un procédé très répandu pour fabriquer de faux meubles. On prend, par exemple, un canapé du plus authentique Louis XVI, et on le coupe en trois parties : le dossier, les pieds, le siège. En complétant chacune de ces parties par du moderne, parfaite imitation de l'ancien, on obtient trois faux canapés de style Louis XVI, qu'il est facile de vendre comme pièces authentiques. C'est à peu près le procédé qu'a employé le traducteur à l'égard du roman de Dostoievski Niétotchka Nezvanova. Dans les six premiers chapitres il a taillé un roman : Les étapes de la folie. Avec le reste il a composé un second roman : Âme d'enfant. Enfin réunissant ces deux pseudo-romans de Dostoievski, il en a fait paraître un troisième : Netotchka.

Extrait : Mon beau-père était musicien… Sa destinée fut des plus extraordinaires. C’était l’homme le plus étrange et le plus délicieux que j’aie jamais connu. Son influence sur mes premières impressions d’enfant a été si forte qu’elle a marqué de son empreinte toute ma vie. Pour que mon récit soit compréhensible, je commencerai, tout d’abord, par donner sa biographie. Tout ce que je dirai de lui, je l’ai appris plus tard, par le célèbre violoniste B… qui fut le camarade et l’ami très intime de mon beau-père, dans sa jeunesse.

Mon beau-père s’appelait Efimov. Il était né dans un village appartenant à un opulent propriétaire. Il était le fils d’un très pauvre musicien qui, après de longs voyages, s’était fixé sur les terres de ce propriétaire et s’était engagé dans son orchestre. Ce propriétaire, qui vivait très luxueusement, aimait par-dessus tout et passionnément la musique.
On raconte que cet homme qui ne quittait jamais ses terres, même pour aller à Moscou, décida tout à coup, un jour, de se rendre dans une vi
lle d’eau de l’étranger, pour quelques semaines, dans le but unique d’entendre un célèbre violoniste qui, au dire des journaux, devait y donner trois concerts. Lui-même possédait un assez bon orchestre, à l’entretien duquel il consacrait presque tous ses revenus. Mon beau-père entra dans cet orchestre comme clarinettiste. Il avait vingt-deux ans quand il fit la connaissance d’un homme étrange.
Dans le même district vivait un comte, qui avait été jadis à la tête d’une grosse fortune, mais que ruinait la manie d’avoir un théâtre. Il lui arriva d’avoir à renvoyer, pour sa mauvaise conduite, son chef d’orchestre, d’origine italienne. Ce chef d’orchestre était, en effet, un triste individu. À peine privé de son emploi, il perdit aussitôt toute retenue ; il se mit à fréquenter les débits de la ville, à boire ; il en arriva même à mendier, et il lui devint désormais impossible de trouver à se placer dans la province. C’est avec cet homme que mon beau-père se lia d’amitié. Cette camaraderie paraissait aussi inexplicable qu’extraordinaire, car personne ne remarquait le moindre changement de conduite chez mon beau-père par suite de l’exemple de son compagnon, si bien que le propriétaire, qui d’abord lui avait défendu de fréquenter l’Italien, en était venu à fermer les yeux sur leur amitié.
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La logeuse et autres nouvelles - Fiodor Dostoïevski (livre audio) | @ebookaudio

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Ce recueil contient de nombreuses nouvelles : Un cœur faible : Le héros principal est un petit scribe, Vassia, jeune homme plein de qualités, de bonté et d'amour. Ce jeune homme modeste est content de son sort, quoiqu'il ne reçoive que vingt-cinq roubles par mois. Son chef, Julian Mastakovitch, l'exploite en lui donnant du travail supplémentaire non payé durant quatre mois. Mais Vassia le fait avec zèle, et lorsque le chef le gratifie de cinquante roubles, l'âme candide de Vassia déborde de reconnaissance. Il est heureux, car il possède un ami qui lui est cher, Arcade, il s'est fiancé à une jeune fille adorable, il jouit de la faveur de son chef. Mais ce «coeur faible» ne peut supporter la plénitude de son bonheur. Il a négligé son travail supplémentaire, en passant tout son temps libre chez sa fiancée : il se sent fautif envers son chef qu'il ne pourra arriver à satisfaire, grossit démesurément sa faute, se sent criminel par insubordination --- Le bouffon : Le bouffon Polzounkov est aussi un «coeur ardent», plein de bonnes intentions, qui voudrait aimer et être aimé. Il nous raconte son idylle de fiançailles avec la modeste Marie. Mais ce bouffon est ambivalent. Il essaie également de faire chanter son futur beau-père. - L'arbre de Noël et le mariage : Ce conte n'est pas sans rappeler celle de la «petite fille aux allumettes». Un enfant vient de perdre sa mère, est perdu lui-même dans une grande ville, froide, impersonnelle, un soir de Noël, et meurt tout seul, dans une cour derrière un tas de bois. - Récit fantastique - La femme d'un autre et un mari sous le lit : nous voyons le mari jaloux attendre sa femme à l'issue d'un rendez-vous : il entre en conversation avec un jeune amant de celle-ci qui l'attend lui aussi. Enfin l'épouse infidèle sort, accompagnée d'un homme. Elle a trompé et son mari et son premier amant... Dans le second chapitre, le même mari jaloux voudrait surprendre en flagrant délit sa femme, mais il se trompe d'étage... - L'honnête Voleur : L'idée principale de ce récit, c'est la bonté modeste et sincère d'un être simple, un vieux sous-officier en retraite, Astafi. Ce dernier, pauvre lui-même, héberge dans sa chambre un ivrogne, Emelian, lui vient en aide, sympathise avec lui et éprouve un vif chagrin lorsqu'il s'aperçoit que celui-ci l'a volé. Mais par délicatesse d'âme, il ne lui fait aucun reproche. L'ivrogne Emelian est aussi un être sensible et délicat. Il a commis un vol, par faiblesse, mais il est plein de remords. - Prohartchine : M. Prohartchine est un «pauvre-riche». Cette nouvelle est tirée de l'histoire véridique d'un avare lue dans les journaux de la capitale, un «nouvel Harpagon mort en pauvreté sur des monceaux d'or. C'était un conseiller titulaire en retraite. Il ne payait que trois roubles par mois pour loger dans un coin derrière le paravent. Il se plaignait toujours de sa pauvreté et la dernière année avant sa mort il ne paya pas son loyer. Il se refusait des mets chauds même aux derniers jours de sa maladie. Après sa mort, on trouva dans ses effets cent soixante-neuf mille vingt-deux roubles en argent et en billets de banque». La lecture de ce fait divers impressionna Dostoïevski. - Roman en neuf lettres : Dans cette nouvelle - tout à fait mineure dans l'oeuvre de l'auteur, et même d'une qualité assez «moyenne»... - deux joueurs de cartes s'unissent pour extorquer de l'argent à un jeune homme riche, Eugène. - Le petit héros : Dans une société bourgeoise, frivole, en fête perpétuelle, un homme se rappelle ses premiers sentiments d'amour, alors qu'il n'avait pas encore onze ans. - et La Logeuse (Hoziaïka), écrite en 1846-1847, qui a été publiée dans «~Les Annales de la Patrie~», en octobre et décembre 1847. Ordynov est un jeune homme très instruit, détaché de la société, enfermé dans le monde imaginaire de sa pensée et de ses rêves. Il est occupé à écrire une histoire de l'Église. C'est, en outre, un exalté, qui a parfois des crises d'épilepsie (maladie dont Dostoïevski était atteint). Être solitaire, plein de passions refoulées qui n'attendent que le moment de jaillir de son coeur, Ordynov s'éprend de la belle logeuse, dont il ne sait si elle est la fille ou la femme d'un vieillard énigmatique, une espèce de devin qui prédit le sort aux hommes et qui est lui-même sujet à l'épilepsie.

Extrait: Il prit son passeport et le porta au patron, dans l’espoir d’apercevoir la jeune femme. Mais Mourine entrouvrit à peine la porte, prit le papier, lui dit : « Bon, vis en paix », et referma la porte. Un sentiment désagréable s’empara d’Ordynov. Il ne savait pourquoi, mais la vue de ce vieillard l’oppressait. Dans son regard, il y avait quelque chose de méprisant et de méchant. Toutefois le sentiment désagréable se dissipa bientôt. Depuis déjà trois jours Ordynov vivait dans une sorte de tourbillon en comparaison du calme ancien de sa vie, mais il ne pouvait raisonner et redoutait même de le faire. Tout se confondait dans son existence. Il sentait confusément que toute sa vie se brisait en deux. Une seule aspiration, une attente unique, s’étaient emparées de tout son être, et aucune autre pensée n’avait prise sur lui.

Étonné, il retourna dans sa chambre. Là, près du poêle, où se préparait la nourriture, une vieille femme, petite, ratatinée, travaillait. Elle était si sale, vêtue de guenilles si sordides que c’était pitié de la regarder. Elle avait l’air méchant et, de temps en temps, marmonnait quelque chose entre ses dents. C’était la femme de ménage des logeurs. Ordynov essaya de lier conversation avec elle, mais évidemment par malice, elle se renferma dans le silence. Enfin l’heure du dîner étant venue, la vieille retira du poêle la soupe aux choux, des bouchées à la viande et porta cela aux maîtres. Elle servit la même chose à Ordynov. Après le repas un silence de mort régna dans le logement.
Ordynov prit un livre, longtemps en tourna les pages, tâchant de comprendre ce qu’il avait lu déjà plusieurs fois. Énervé, il jeta le livre et, 
de nouveau, essaya de mettre en place différents objets. Enfin il se coiffa, mit un manteau et sortit.
Dehors il flâna au hasard, sans voir le chemin qu’il suivait, s’efforçant tout le temps de concentrer autant que possible ses idées éparses et d’examiner un peu sa situation. Mais cet effort ne faisait que lui causer de la souffrance. Tour à tour, il avait froid et chaud, et, par moments, son cœur se mettait à battre si fort qu’il devait s’appuyer contre un mur. « Non, la mort est préférable, mieux vaut la mort », chuchota-t-il, la lèvre fiévreuse, tremblante, sans même penser à ce qu’il disait.
Il marcha très longtemps. Enfin s’apercevant qu’il était trempé jusqu’aux os et remarquant pour la première fois qu’il pleuvait à verse, il retourna à la maison.
Non loin de chez lui, il aperçut le portier. Il lui sembla que le Tatar le regardait fixement et avec une certaine curiosité, mais quand il se vit observé, il continua son chemin.
— Bonjour ! dit Ordynov en le rejoignant. Comment t’appelle-t-on ?
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Courant les grands casinos européens, Dostoïevski est criblé de dettes quand il écrit ce court roman. Dans une ville d'eau imaginaire, Alexis est employé dans la maison d'un général russe endetté auprès de son entourage. Paulina, pupille du général, demande à Alexis de jouer à la roulette pour elle, son rang lui interdisant les jeux de hasard. Elle a besoin d'argent mais ne dit pas pourquoi à Alexis, amoureux d'elle. Le général a également besoin d'argent, il attend la mort d'une tante et l'héritage, condition pour pouvoir épouser Blanche de Comminges, une femme beaucoup plus jeune que lui. Mais, voilà, la tante découvre le jeu de la roulette...

Extrait : Maria Felipovna était très affairée et me parla à la hâte. Elle prit pourtant l’argent, le compta et écouta tout mon rapport. On attendait pour le dîner Mézentsov, le petit Français et un Anglais. Comme ils ne manquaient pas de le faire quand ils avaient de l’argent, en vrais Moscovites qu’ils sont, mes maîtres avaient organisé un dîner d’apparat. En me voyant, Paulina Alexandrovna me demanda pourquoi j’étais resté si longtemps, et disparut sans attendre ma réponse. Évidemment elle agissait ainsi à dessein. Il faut pourtant nous expliquer ; j’ai beaucoup de choses à lui dire.

On m’assigna une petite chambre au quatrième étage de l’hôtel. – On sait ici que j’appartiens à la suite du général. –Le général passe pour un très riche seigneur. Avant le dîner, il me donna entre autres commissions celle de changer des billets de mille francs. J’ai fait de la monnaie dans le bureau de l’hôtel ; nous voilà, aux yeux des gens, millionnaires au moins durant toute une semaine.
Je voulus d’abord prendre Nicha et Nadia pour me promener avec eux. Mais de l’escalier on m’appela chez le général : il désirait savoir où je les menais. Décidément, cet homme ne peut me regarder en face. Il s’y efforce ; mais chaque fois je lui réponds par un regard si fixe, si calme qu’il perd aussitôt contenance. En un discours très pompeux, par phrases étagées solennellement, il m’expliqua que je devais me promener avec le
s enfants dans le parc. Enfin, il se fâcha tout à coup, et ajouta avec roideur :
— Car vous pourriez bien, si je vous laissais faire, les mener à la gare, à la roulette. Vous en êtes bien capable, vous avez la tête légère. Quoique je ne sois pas votre mentor, – et c’est un rôle que je n’ambitionne point, – j’ai le droit de désirer que… en un mot… que vous ne me compromettiez pas…
— Mais pour perdre de l’argent il faut en avoir, répondis-je tranquillement, et je n’en ai point.
— Vous allez en avoir, dit-il un peu confus.
Il ouvrit son bureau, chercha dans son livre de comptes et constata qu’il me devait encore cent vingt roubles.
— Comment faire ce compte ? Il faut l’établir en thalers… Eh bien, voici cent thalers en somme ronde ; le reste ne sera pas perdu.
Je pris l’argent en silence.
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