Extrait: Un seul homme appartenait à notre société sans être militaire. Il avait environ trente-cinq ans, ce qui faisait que nous le considérions comme un vieillard. Son expérience lui donnait sur nous maints avantages ; de plus, sa morosité habituelle, son caractère rude et sa mauvaise langue exerçaient une forte influence sur nos jeunes esprits. Sa vie s’enveloppait d’une sorte de mystère ; on le croyait Russe, mais il portait un nom étranger. Autrefois il avait servi dans les hussards et avec succès, disait-on ; personne ne savait la raison qui l’avait poussé à prendre sa retraite et à s’installer dans cette triste bourgade, où il vivait à la fois pauvrement et avec prodigalité ; il allait toujours à pied, vêtu d’une redingote noire usée, mais tenait table ouverte pour tous les officiers de notre régiment. A vrai dire, son dîner ne se composait que de deux ou trois plats préparés par un soldat retraité, mais le champagne y coulait à flots. Personne ne savait rien de sa fortune non plus que de ses revenus, au sujet de quoi personne n’osait s’enquérir.
Récits de feu Ivan Pétrovitch Bielkine - Aleksandr Sergeyevich Pushkin | @ebookaudio
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jeudi 13 octobre 2016
La Dame de pique - Aleksandr Sergeyevich Pushkin (livre audio) | @ebookaudio
Accompagné gratuitement de "Mon portrait" du même auteur.
Extrait: Elle entrait en ce moment avec une robe de promenade et un chapeau.
« Enfin, mademoiselle ! dit la comtesse. Mais quelle toilette est-ce là ! Pourquoi cela ? A qui en veux-tu ? Voyons quel temps fait-il ? Il fait du vent, je crois.
– Non, Excellence, dit le valet de chambre. Au contraire, il fait bien doux.
– Vous ne savez jamais ce que vous dites. Ouvrez-moi le vasistas. Je le disais bien… Un vent affreux ! un froid glacial ! Qu’on dételle ! Lisanka, ma petite, nous ne sortirons pas. Ce n’était pas la peine de te faire si belle. »
« Enfin, mademoiselle ! dit la comtesse. Mais quelle toilette est-ce là ! Pourquoi cela ? A qui en veux-tu ? Voyons quel temps fait-il ? Il fait du vent, je crois.
– Non, Excellence, dit le valet de chambre. Au contraire, il fait bien doux.
– Vous ne savez jamais ce que vous dites. Ouvrez-moi le vasistas. Je le disais bien… Un vent affreux ! un froid glacial ! Qu’on dételle ! Lisanka, ma petite, nous ne sortirons pas. Ce n’était pas la peine de te faire si belle. »
« Quelle existence ! » se dit tout bas la demoiselle de compagnie. En effet, Lisabeta Ivanovna était une bien malheureuse créature. « Il est amer, le pain de l’étranger, dit Dante ; elle est haute à franchir, la pierre de son seuil. » Mais qui pourrait dire les ennuis d’une pauvre demoiselle de compagnie auprès d’une vieille femme de qualité ? Pourtant la comtesse n’était pas méchante, mais elle avait tous les caprices d’une femme gâtée par le monde.
La Fille du Capitaine - Aleksandr Sergeyevich Pushkin (livre audio) | @ebookaudio
Extrait: – Quelle bêtise ! s’écria mon père en fronçant le sourcil ; pourquoi veux-tu que j’écrive au prince B… ?
– Mais tu viens d’annoncer que tu daignes écrire au chef de Pétroucha.
– Mais tu viens d’annoncer que tu daignes écrire au chef de Pétroucha.
– Eh bien ! quoi ?
– Mais le chef de Pétroucha est le prince B… Tu sais bien qu’il est inscrit au régiment Séménofski.
– Inscrit ! qu’est-ce que cela me fait qu’il soit inscrit ou non ? Pétroucha n’ira pas à Pétersbourg. Qu’y apprendrait-il ? à dépenser de l’argent et à faire des folies. Non, qu’il serve à l’armée, qu’il flaire la poudre, qu’il devienne un soldat et non pas un fainéant de la garde, qu’il use les courroies de son sac. Où est son brevet ? donne-le-moi. »
Ma mère alla prendre mon brevet, qu’elle gardait dans une cassette avec la chemise que j’avais portée à mon baptême, et le présenta à mon père d’une main tremblante. Mon père le lut avec attention, le posa devant lui sur la table et commença sa lettre.
La Fille du Capitaine - Aleksandr Sergeyevich Pushkin (livre audio) | @ebookaudio
– Mais le chef de Pétroucha est le prince B… Tu sais bien qu’il est inscrit au régiment Séménofski.
– Inscrit ! qu’est-ce que cela me fait qu’il soit inscrit ou non ? Pétroucha n’ira pas à Pétersbourg. Qu’y apprendrait-il ? à dépenser de l’argent et à faire des folies. Non, qu’il serve à l’armée, qu’il flaire la poudre, qu’il devienne un soldat et non pas un fainéant de la garde, qu’il use les courroies de son sac. Où est son brevet ? donne-le-moi. »
Ma mère alla prendre mon brevet, qu’elle gardait dans une cassette avec la chemise que j’avais portée à mon baptême, et le présenta à mon père d’une main tremblante. Mon père le lut avec attention, le posa devant lui sur la table et commença sa lettre.
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