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mercredi 23 novembre 2016

William Wilson - Edgar Allan Poe (livre audio) | @ebookaudio

William Wilson - Edgar Allan Poe (livre audio)Y inclus, gratuitement, "Puissance de la parole", du même auteur, en format .epub et .mobi et audio .mp3.
Extrait: D’une perversité relativement ordinaire, j’ai passé, par une enjambée de géant, à des énormités plus qu’héliogabaliques. Permettez-moi de raconter tout au long quel hasard, quel unique accident a amené cette malédiction. La Mort approche, et l’ombre qui la devance a jeté une influence adoucissante sur mon cœur. Je soupire, en passant à travers la sombre vallée, après la sympathie – j’allais dire la pitié – de mes semblables. Je voudrais leur persuader que j’ai été en quelque sorte l’esclave de circonstances qui défiaient tout contrôle humain. Je désirerais qu’ils découvrissent pour moi, dans les détails que je vais leur donner, quelque petite oasis de fatalité dans un Saharah d’erreur. Je voudrais qu’ils accordassent, – ce qu’ils ne peuvent pas se refuser à accorder, – que, bien que ce monde ait connu de grandes tentations, jamais l’homme n’a été jusqu’ici tenté de cette façon, – et certainement n’a jamais succombé de cette façon. Est-ce donc pour cela qu’il n’a jamais connu les mêmes souffrances ? En vérité, n’ai-je pas vécu dans un rêve ? Est-ce que je ne meurs pas victime de l’horreur et du mystère des plus étranges de toutes les visions sublunaires ?
Je suis le descendant d’une race qui s’est distinguée en tout temps par un tempérament imaginatif et facilement excitable ; et ma première enfance prouva que j’avais pleinement hérité du caractère de famille. Quand j’avançai en âge, ce caractère se dessina plus fortement ; il devint, pour mille raisons, une cause d’inquiétude sérieuse pour mes amis, et de préjudice positif pour moi-même. Je devins volontaire, adonné aux plus sauvages caprices ; je fus la proie des plus indomptables passions. Mes parents, qui étaient d’un esprit faible, et que tourmentaient des défauts constitutionnels de même nature, ne pouvaient pas faire grand-chose pour arrêter les tendances mauvaises qui me distinguaient.
William Wilson - Edgar Allan Poe (livre audio) | @ebookaudio

La Vérité sur le cas de M. Valdemar - Edgar Allan Poe (livre audio) | @ebookaudio

La Vérité sur le cas de M. Valdemar - Edgar Allan Poe (livre audio)Y inclus, gratuitement, "Puissance de la parole", du même auteur, en format .epub et .mobi et audio .mp3.
Mon attention, dans ces trois dernières années, avait été à plusieurs reprises attirée vers le magnétisme ; et, il y a environ neuf mois, cette pensée frappa presque soudainement mon esprit que, dans la série des expériences faites jusqu’à présent, il y avait une très-remarquable et très-inexplicable lacune : – personne n’avait encore été magnétisé in articulo mortis. Restait à savoir, d’abord si dans un pareil état existait chez le patient une réceptibilité quelconque de l’influx magnétique ; en second lieu, si, dans le cas d’affirmative, elle était atténuée ou augmentée par la circonstance ; troisièmement, jusqu’à quel point et pour combien de temps les empiétements de la mort pouvaient être arrêtés par l’opération. Il y avait d’autres points à vérifier, mais ceux-ci excitaient le plus ma curiosité, – particulièrement le dernier, à cause du caractère immensément grave de ses conséquences.
En cherchant autour de moi un sujet au moyen duquel je pusse éclairer ces points, je fus amené à jeter les yeux sur mon ami, M. Ernest Valdemar, le compilateur bien connu de la Bibliotheca forensica, et auteur (sous le pseudonyme d’Issachar Marx) des traductions polonaises de Wallenstein et de Gargantua. M. Valdemar, qui résidait généralement à Harlem (New York) depuis l’année 1839, est ou était particulièrement remarquable par l’excessive maigreur de sa personne, – ses membres inférieurs ressemblant beaucoup à ceux de John Randolph, – et aussi par la blancheur de ses favoris qui faisaient contraste avec sa chevelure noire, que chacun prenait conséquemment pour une perruque. Son tempérament était singulièrement nerveux et en faisait un excellent sujet pour les expériences magnétiques. Dans deux ou trois occasions, je l’avais amené à dormir sans grande difficulté ; mais je fus désappointé quant aux autres résultats que sa constitution
 particulière m’avait naturellement fait espérer. Sa volonté n’était jamais positivement ni entièrement soumise à mon influence, et relativement à la clairvoyance je ne réussis à faire avec lui rien sur quoi l’on pût faire fond. J’avais toujours attribué mon insuccès sur ces points au dérangement de sa santé. Quelques mois avant l’époque où je fis sa connaissance, les médecins l’avaient déclaré atteint d’une phtisie bien caractérisée. C’était à vrai dire sa coutume de parler de sa fin prochaine avec beaucoup de sang-froid, comme d’une chose qui ne pouvait être ni évitée ni regrettée.
La Vérité sur le cas de M. Valdemar - Edgar Allan Poe (livre audio) | @ebookaudio

Souvenirs de M. Auguste Bedloe - Edgar Allan Poe (livre audio) | @ebookaudio

Souvenirs de M. Auguste Bedloe - Edgar Allan Poe (livre audio)Y inclus, gratuitement, "Puissance de la parole", du même auteur, en format .epub et .mobi et audio .mp3.
Extrait: C’était une profonde mélancolie, une tristesse sans phases et sans intermittences. Ses yeux étaient d’une largeur anormale et ronds comme ceux d’un chat. Les pupilles elles-mêmes subissaient une contraction et une dilatation proportionnelles à l’accroissement et à la diminution de la lumière, exactement comme on l’a observé dans les races félines. Dans les moments d’excitation, les prunelles devenaient brillantes à un degré presque inconcevable et semblaient émettre des rayons lumineux d’un éclat non réfléchi, mais intérieur, comme fait un flambeau ou le soleil ; toutefois, dans leur condition habituelle, elles étaient tellement ternes, inertes et nuageuses qu’elles faisaient penser aux yeux d’un corps enterré depuis longtemps.
Ces particularités personnelles semblaient lui causer beaucoup d’ennui, et il y faisait continuellement allusion dans un style semi-explicatif, semi-justificatif qui, la première fois que je l’entendis, m’impressionna très-péniblement. Toutefois, je m’y accoutumai bientôt et mon déplaisir se dissipa. Il semblait avoir l’intention d’insinuer, plutôt que d’affirmer positive
ment, que physiquement il n’avait pas toujours été ce qu’il était ; qu’une longue série d’attaques névralgiques l’avait réduit d’une condition de beauté personnelle non commune à celle que je voyais. Depuis plusieurs années, il recevait les soins d’un médecin nommé Templeton, – un vieux gentleman âgé de soixante-dix ans, peut-être, – qu’il avait pour la première fois rencontré à Saratoga et des soins duquel il tira dans ce temps, ou crut tirer, un grand secours. Le résultat fut que Bedloe, qui était riche, fit un arrangement avec le docteur Templeton, par lequel ce dernier, en échange d’une généreuse rémunération annuelle, consentit à consacrer exclusivement son temps et son expérience médicale à soulager le malade.
Souvenirs de M. Auguste Bedloe - Edgar Allan Poe (livre audio) | @ebookaudio

Révélation magnétique - Edgar Allan Poe (livre audio) | @ebookaudio

Révélation magnétique - Edgar Allan Poe (livre audio)Y inclus, gratuitement, "Puissance de la parole", du même auteur, en format .epub et .mobi et audio .mp3.
Extrait: Je n’infligerai donc pas aujourd’hui à mes lecteurs une démonstration aussi parfaitement oiseuse. Mon dessein, quant à présent, est en vérité d’une tout autre nature. Je sens le besoin, en dépit de tout un monde de préjugés, de raconter, sans commentaires, mais dans tous ses détails, un très-remarquable dialogue qui eut lieu entre un somnambule et moi.
J’avais depuis longtemps l’habitude de magnétiser la personne en question, M. Vankirk, et la susceptibilité vive, l’exaltation du sens magnétique s’étaient déjà manifestées. Pendant plusieurs mois, M. Vankirk avait beaucoup souffert d’une phtisie avancée, dont les effets les plus cruels avaient été diminués par mes passes, et, dans la nuit du mercredi, 15 courant, je fus appelé à son chevet.
Le malade souffrait des douleurs vives dans la région du cœur et respirait avec une grande difficulté, ayant tous les symptômes ordinaires d’un asthme. Dans des spasmes semblables, il avait généralement trouvé du soulagement dans des applications de moutarde aux centres nerveux ; mais ce soir-là, il y avait eu recours en vain.
Quand j’entrai dans sa chambre, il me salua d’un gracieu
x sourire, et, quoiqu’il fût en proie à des douleurs physiques aiguës, il me parut absolument calme quant au moral.
– Je vous ai envoyé chercher cette nuit, dit-il, non pas tant pour m’administrer un soulagement physique que pour me satisfaire relativement à de certaines impressions psychiques qui m’ont récemment causé beaucoup d’anxiété et de surprise. Je n’ai pas besoin de vous dire combien j’ai été sceptique jusqu’à présent sur le sujet de l’immortalité de l’âme. Je ne puis pas vous nier que, dans cette âme que j’allais niant, a toujours existé comme un demi-sentiment assez vague de sa propre existence. Mais ce demi-sentiment ne s’est jamais élevé à l’état de conviction. De tout cela ma raison n’avait rien à faire.
Révélation magnétique - Edgar Allan Poe (livre audio) | @ebookaudio

Quatre bêtes en une - Edgar Allan Poe (livre audio) | @ebookaudio

Quatre bêtes en une - Edgar Allan Poe (livre audio)Y inclus, gratuitement, "Puissance de la parole", du même auteur, en format .epub et .mobi et audio .mp3.
Extrait: Supposons, gracieux lecteur, que nous sommes en l’an du monde trois mil huit cent trente, et, pour quelques minutes, transportés dans le plus fantastique des habitacles humains, dans la remarquable cité d’Antioche. Il est certain qu’il y avait en Syrie et dans d’autres contrées seize villes de ce nom, sans compter celle dont nous avons spécialement à nous occuper. Mais la nôtre est celle qu’on appelait Antiochia Epidaphné, à cause qu’elle était tout proche du petit village de Daphné, où s’élevait un temple consacré à cette divinité. Elle fut bâtie (bien que la chose soit controversée) par Séleucus Nicator, le premier roi du pays après Alexandre le Grand, en mémoire de son père Antiochus, et devint immédiatement la capitale de la monarchie syrienne. Dans les temps prospères de l’empire romain, elle était la résidence ordinaire du préfet des provinces orientales ; et plusieurs empereurs de la cité-reine (parmi lesquels peuvent être mentionnés spécialement Vérus et Valens), y passèrent la plus grande partie de leur vie. Mais je m’aperçois que nous sommes arrivés à la ville. Montons sur cette plate-forme, et jetons nos yeux sur la ville et le pays circonvoisin.
– Quelle est cette large et rapide rivière qui se fraye un passage accidenté d’innombrables cascades à travers le chaos des montagnes, et enfin à travers le chaos des constructions ?
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Silence - Edgar Allan Poe (livre audio) | @ebookaudio

Silence - Edgar Allan Poe (livre audio)Y inclus, gratuitement, "Puissance de la parole", du même auteur, en format .epub et .mobi et audio .mp3.
Extrait: Mais il y a une frontière à leur empire, et cette frontière est une haute forêt, sombre, horrible. Là, comme les vagues autour des Hébrides, les petits arbres sont dans une perpétuelle agitation. Et cependant il n’y a pas de vent dans le ciel. Et les vastes arbres primitifs vacillent éternellement de côté et d’autre avec un fracas puissant. Et de leurs hauts sommets filtre, goutte à goutte, une éternelle rosée. Et à leurs pieds d’étranges fleurs vénéneuses se tordent dans un sommeil agité. Et sur leurs têtes, avec un frou-frou retentissant, les nuages gris se précipitent, toujours vers l’ouest, jusqu’à ce qu’ils roulent en cataracte derrière la muraille enflammée de l’horizon. Cependant il n’y a pas de vent dans le ciel. Et sur les bords de la rivière Zaïre, il n’y a ni calme ni silence.
C’était la nuit, et la pluie tombait ; et quand elle tombait, c’était de la pluie, mais quand elle était tombée, c’était du sang. Et je me tenais dans le marécage parmi les grands nénuphars, et la pluie tombait sur ma tête, – et les nénuphars soupiraient l’un vers l’autre dans la
 solennité de leur désolation.
Et tout d’un coup, la lune se leva à travers la trame légère du brouillard funèbre, et elle était d’une couleur cramoisie. Et mes yeux tombèrent sur un énorme rocher grisâtre qui se dressait au bord de la rivière, et qu’éclairait la lueur de la lune. Et le rocher était grisâtre, sinistre et très-haut, – et le rocher était grisâtre. Sur son front de pierre étaient gravés des caractères ; et je m’avançai à travers le marécage de nénuphars, jusqu’à ce que je fusse tout près du rivage, afin de lire les caractères gravés dans la pierre. Mais je ne pus pas les déchiffrer. Et j’allais retourner vers le marécage, quand la lune brilla d’un rouge plus vif ; et je me retournai et je regardai de nouveau vers le rocher et les caractères ; – et ces caractères étaient : DESOLATION.
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Philosophie de l’ameublement - Edgar Allan Poe (livre audio) | @ebookaudio

Philosophie de l’ameublement - Edgar Allan Poe (livre audio)Y inclus, gratuitement, "Puissance de la parole", du même auteur, en format .epub et .mobi et audio .mp3.
Les Russes ne se meublent pas. Les Hottentots et les Kickapoos sont bien dans leur voie naturelle. Seuls, les Yankees vont à rebours du bons sens. Comment cela se fait, il n’est pas difficile de le comprendre. Nous n’avons pas d’aristocratie de naissance, et conséquemment ayant – chose naturelle et inévitable – fabriqué à notre usage une aristocratie de dollars, l’étalage de la richesse a dû prendre ici la place et remplir l’office du luxe nobiliaire dans les pays monarchiques. Par une transition facile à saisir et également facile à prévoir, nous avons été amenés à noyer dans la pure ostentation toutes les notions de goût que nous pouvions posséder. Parlons d’une façon moins abstraite. En Angleterre, par exemple, un pur étalage de mobilier coûteux serait beaucoup moins propre que chez nous à créer une idée de beauté relativement au mobilier, ou de goût naturel dans le propriétaire ; – et cela, d’abord pour cette raison que la richesse, ne constituant pas la noblesse, n’est pas en Angleterre l’objet le plus élevé de l’ambition ; en second lieu, parce que, là, la vraie noblesse de naissance, se restreignant aux strictes limites du goût légitime, évite plutôt qu’elle n’affecte cette pure somptuosité à laquelle une jalousie de parvenu peut quelquefois atteindre avec succès. Le peuple imitera les nobles, et le résultat est une diffusion générale du sentiment juste. Mais, en Amérique, la monnaie courante étant le seul blason de l’aristocratie, l’étalage de cette monnaie peut être généralement considéré comme le seul moyen de distinction aristocratique ; et la populace, qui cherche toujours ses modèles en haut, est insensiblement amenée à confondre les deux idées, entièrement distinctes, de somptuosité et de beauté. Bref, le coût d’un article d’ameublement est devenu, à la fin, pour nous, le seul critérium de son mérite au point de vue décoratif ; et ce critérium, une fois adopté, a ouvert la route vers une foule d’erreurs analogues dont on peut suivre facilement l’origine jusqu’à la principale sottise primordiale.
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Petite Discussion avec une momie - Edgar Allan Poe (livre audio) | @ebookaudio

Petite Discussion avec une momie - Edgar Allan Poe (livre audio)Y inclus, gratuitement, "Puissance de la parole", du même auteur, en format .epub et .mobi et audio .mp3.
Un léger souper, naturellement. J’adore les rôties au fromage. En manger plus d’une livre à la fois, cela peut n’être pas toujours raisonnable. Toutefois, il ne peut pas y avoir d’objection matérielle au chiffre deux. Et, en réalité, entre deux et trois, il n’y a que la différence d’une simple unité. Je m’aventurai peut-être jusqu’à quatre. Ma femme tient pour cinq ; – mais évidemment elle a confondu deux choses bien distinctes. Le nombre abstrait cinq, je suis disposé à l’admettre ; mais, au point de vue concret, il se rapporte aux bouteilles de Brown Stout, sans l’assaisonnement duquel la rôtie au fromage est une chose à éviter.
Ayant ainsi achevé un frugal repas, et mis mon bonnet de nuit avec la sereine espérance d’en jouir jusqu’au lendemain midi au moins, je plaçai m
a tête sur l’oreiller, et grâce à une excellente conscience, je tombai immédiatement dans un profond sommeil.
Mais quand les espérances de l’homme furent-elles remplies ? Je n’avais peut-être pas achevé mon troisième ronflement, quand une furieuse sonnerie retentit à la porte de la rue, et puis d’impatients coups de marteau me réveillèrent en sursaut. Une minute après, et comme je me frottais encore les yeux, ma femme me fourra sous le nez un billet de mon vieil ami le docteur Ponnonner.
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Le Portrait ovale - Edgar Allan Poe (livre audio) | @ebookaudio

Le Portrait ovale - Edgar Allan Poe (livre audio)Y inclus, gratuitement, "Puissance de la parole", du même auteur, en format .epub et .mobi et audio .mp3.
Nous nous installâmes dans une des chambres les plus petites et les moins somptueusement meublées. Elle était située dans une tour écartée du bâtiment. Sa décoration était riche, mais antique et délabrée. Les murs étaient tendus de tapisseries et décorés de nombreux trophées héraldiques de toute forme, ainsi que d’une quantité vraiment prodigieuse de peintures modernes, pleines de style, dans de riches cadres d’or d’un goût arabesque. Je pris un profond intérêt, – ce fut peut-être mon délire qui commençait qui en fut cause, – je pris un profond intérêt à ces peintures qui étaient suspendues non-seulement sur les faces principales des murs, mais aussi dans une foule de recoins que la bizarre architecture du château rendait inévitables ; si bien que j’ordonnai à Pedro de fermer les lourds volets de la chambre, – puisqu’il faisait déjà nuit, – d’allumer un grand candélabre à plusieurs branches placé près de mon chevet, et d’ouvrir tout grands les rideaux de velours noir garnis de crépines qui entouraient le lit. Je désirais que cela fût ainsi, pour que je pusse au moins, si je ne pouvais pas dormir, me consoler alternativement par la contemplation de ces peintures et par la lecture d’un petit volume que j’avais trouvé sur l’oreiller et qui en contenait l’appréciation et l’analyse.
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Le Sphinx - Edgar Allan Poe (livre audio) | @ebookaudio

Le Sphinx - Edgar Allan Poe (livre audio)Y inclus, gratuitement, "Puissance de la parole", du même auteur, en format .epub et .mobi et audio .mp3.
Extrait: Pas un jour ne s'écoulait sans qu'il ne nous apporte des nouvelles du décès de quelque connaissance. Ainsi, comme la fatalité augmentait, nous apprîmes à nous attendre quotidiennement à la perte de quelque ami. A la longue nous tremblions à l'approche de chaque messager. L'air même du sud nous semblait imprégné de mort. Cette pensée paralysante, en effet, prit entière possession de mon âme. Je ne pouvais ni parler, penser, ni rêver à rien d'autre. Mon hôte était d'un tempérament moins excitable, et, bien que le moral profondément déprimé, il s'efforçait à remonter le mien. Son intellect richement philosophique ne fut à aucun moment affecté par des irréalités. Envers les substances de la terreur il était assez sensible, mais de ses ombres il n'avait aucune appréhension. Ses tentatives pour me sortir de la condition de mélancolie anormale dans laquelle j'étais tombé, furent frustrées, en grande partie, par certains volumes que j'avais trouvés dans sa bibliothèque. Ceux-ci étaient d'un caractère à forcer la germination de quelque graine de superstition héréditaire gisant en latence dans mon cœur.
Le Sphinx - Edgar Allan Poe (livre audio) | @ebookaudio

Le Système du docteur Goudron et du professeur Plume - Edgar Allan Poe | @ebookaudio

Le Système du docteur Goudron et du professeur Plume - Edgar Allan Poe (livre audio)Y inclus, gratuitement, "Puissance de la parole", du même auteur, en format .epub et .mobi et audio .mp3.
Extrait: Comme je n’avais jamais visité un lieu de cette espèce, je jugeai l’occasion trop bonne pour la négliger, et je proposai à mon compagnon de voyage (un gentleman dont j’avais fait, par hasard, la connaissance quelques jours auparavant) de nous détourner de notre route, pendant une heure à peu près, et d’examiner l’établissement. Mais il s’y refusa, se disant d’abord très-pressé et objectant ensuite l’horreur qu’inspire généralement la vue d’un aliéné. Il me pria cependant de ne pas sacrifier à un désir de courtoisie envers lui les satisfactions de ma curiosité, et me dit qu’il continuerait à chevaucher en avant, tout doucement, de sorte que je pusse le rattraper dans la journée, ou, à tout hasard, le jour suivant. Comme il me disait adieu, il me vint à l’esprit que j’éprouverais peut-être quelque difficulté à pénétrer dans le lieu en question, et je lui fis part de mes craintes à ce sujet. Il me répondit qu’en effet, à moins que je ne connusse personnellement M. Maillard, le directeur, ou que je ne possédasse quelque lettre d’introduction, il pourrait bien s’élever quelque difficulté, parce que les règlements de ces maisons particulières de fous étaient beaucoup plus sévères que ceux des hospices publics. Quant à lui, ajouta-t-il, il avait fait, quelques années auparavant, la connaissance de Maillard, et il pouvait me rendre du moins le service de m’accompagner jusqu’à la porte et de me présenter ; mais sa répugnance, relativement à la folie, ne lui permettait pas d’entrer dans la maison.
Le Système du docteur Goudron et du professeur Plume - Edgar Allan Poe | @ebookaudio

Le Scarabée d’or - Edgar Allan Poe (livre audio) | @ebookaudio

Le Scarabée d’or - Edgar Allan Poe (livre audio)Y inclus, gratuitement, "Puissance de la parole", du même auteur, en format .epub et .mobi et audio .mp3.
Extrait: Cette île est des plus singulières. Elle n’est guère composée que de sable de mer et a environ trois milles de long. En largeur, elle n’a jamais plus d’un quart de mille. Elle est séparée du continent par une crique à peine visible, qui filtre à travers une masse de roseaux et de vase, rendez-vous habituel des poules d’eau. La végétation, comme on peut le supposer, est pauvre, ou, pour ainsi dire, naine. on n’y trouve pas d’arbres d’une certaine dimension.
Vers l’extrémité occidentale, à l’endroit où s’élèvent le fort Moultrie et quelques misérables bâtisses de bois habitées pendant l’été par les gens qui fuient les poussières et les fièvres de Charleston, on rencontre, il est vrai, le palmier nain sétigèr
e ; mais toute l’île, à l’exception de ce point occidental et d’un espace triste et blanchâtre qui borde la mer, est couverte d’épaisses broussailles de myrte odoriférant, si estimé par les horticulteurs anglais. L’arbuste y monte souvent à une hauteur de quinze ou vingt pieds ; il y forme un taillis presque impénétrable et charge l’atmosphère de ses parfums.
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Le Roi Peste - Edgar Allan Poe (livre audio) | @ebookaudio

Le Roi Peste - Edgar Allan Poe (livre audio)Y inclus, gratuitement, "Puissance de la parole", du même auteur, en format .epub et .mobi et audio .mp3.
Extrait:La salle, quoique mal construite, noircie par la fumée, basse de plafond, et ressemblant d’ailleurs à tous les cabarets de cette époque, était néanmoins, dans l’opinion des groupes grotesques de buveurs disséminés çà et là, suffisamment bien appropriée à sa destination.
De ces groupes, nos deux matelots formaient, je crois, le plus intéressant, sinon le plus remarquable.
Celui qui paraissait être l’aîné, et que son compagnon appelait du nom caractéristique de Legs (jambes), était aussi de beaucoup le plus grand des deux. Il pouvait bien avoir six pieds et demi, et une courbure habituelle des épaules semblait la conséquence nécessaire d’une aussi prodigieuse stature. – Son superflu en hauteur était néanmoins plus que compensé par des déficits à d’autres égards. Il était excessivement maigre, et il aurait pu, comme l’affirmaient ses camarades, remplacer, quand il était ivre, une flamme de tête de mât, et à jeun le bout-dehors du foc. Mais évidemment ces plaisanteries et d’autres analogues n’avaient jamais produit aucun effet sur les muscles cachinnatoires du loup de mer. Avec ses pommettes saillantes, son grand nez de faucon, son menton fuyant, sa mâ
choire inférieure déprimée et ses énormes yeux blancs protubérants, l’expression de sa physionomie, quoique empreinte d’une espèce d’indifférence bourrue pour toutes choses, n’en était pas moins solennelle et sérieuse, au delà de toute imitation et de toute description.
Le Roi Peste - Edgar Allan Poe (livre audio) | @ebookaudio

Le Puit et le pendule - Edgar Allan Poe (livre audio) | @ebookaudio

Le Puit et le pendule - Edgar Allan Poe (livre audio)Y inclus, gratuitement, "Puissance de la parole", du même auteur, en format .epub et .mobi et audio .mp3.
Extrait: Après quoi, le son des voix des inquisiteurs me parut se noyer dans le bourdonnement indéfini d’un rêve. Ce bruit apportait dans mon âme l’idée d’une rotation, – peut-être parce que dans mon imagination je l’associais avec une roue de moulin. Mais cela ne dura que fort peu de temps ; car tout d’un coup je n’entendis plus rien. Toutefois, pendant quelque temps encore, je vis mais avec quelle terrible exagération ! Je voyais les lèvres des juges en robe noire. Elles m’apparaissaient blanches, – plus blanches que la feuille sur laquelle je trace ces mots, – et minces jusqu’au grotesque ; amincies par l’intensité de leur expression de dureté, – d’immuable résolution, – de rigoureux mépris de la douleur humaine. Je voyais que les décrets de ce qui pour moi représentait le Destin coulaient encore de ces lèvres. Je les vis se tordre en une phrase de mort. Je les vis figurer les syllabes de mon nom ; et je frissonnai, sentant que le son ne suivait pas le mouvement. Je vis aussi, pendant quelques moments d’horreur délirante, la molle et presque imperceptible ondulation des draperies noires qui revêtaient les murs de la salle. Et alors ma vue tomba sur les sept grands flambeaux qui étaient posés sur la table. D’abord, ils revêtirent l’aspect de la Charité, et m’apparurent comme des anges blancs et sveltes qui devaient me sauver ; mais alors, et tout d’un coup, une nausée mortelle envahit mon âme, et je sentis chaque fibre de mon être frémir comme si j’avais touché le fil d’une pile voltaïque ; et les formes angéliques devenaient des spectres insignifiants, avec des têtes de flamme, et je voyais bien qu’il n’y avait aucun secours à espérer d’eux.
Le Puit et le pendule - Edgar Allan Poe (livre audio) | @ebookaudio

Morella - Edgar Allan Poe (livre audio) | @ebookaudio

Morella - Edgar Allan Poe (livre audio)Extrait: L’érudition de Morella était profonde. Comme j’espère le montrer, ses talents n’étaient pas d’un ordre secondaire ; la puissance de son esprit était gigantesque. Je le sentis, et dans mainte occasion, je devins son écolier. Toutefois, je m’aperçus bientôt que Morella, en raison de son éducation faite à Presbourg, étalait devant moi bon nombre de ces écrits mystiques qui sont généralement considérés comme l’écume de la première littérature allemande. Ces livres, pour des raisons que je ne pouvais concevoir, faisaient son étude constante et favorite ; – et si avec le temps ils devinrent aussi la mienne, il ne faut attribuer cela qu’à la simple mais très-efficace influence de l’habitude et de l’exemple.
En toutes ces choses, si je ne me trompe, ma raison n’avait presque rien à faire. Mes convictions, ou je ne me connais plus moi-même, n’étaient en aucune façon basées sur l’idéal et on n’aurait pu découvrir, à moins que je ne m’abuse grandement, aucune teinture du mysticisme de mes lectures, soit dans mes actions, soit dans mes pensées. Persuadé de cela, je m’abandonnai aveuglément à la direction de ma femme, et j’entrai avec un cœur imperturbé dans le labyrinthe de ses études. Et alors, – quand, me plongeant dans des pages maudites, je sentais un esprit maudit qui s’allumait en moi, – Morella venait, posant sa main froide sur la mienne et ramassant dans les cendres d’une philosophie morte quelques graves et singulières paroles qui, par leur sens bizarre, s’incrustaient dans ma mémoire. Et alors, pendant des heures, je m’étendais, rêveur, à son côté, et je me plongeais dans la musique de sa voix, – jusqu’à ce que cette mélodie à la longue s’infectât de terreur ; – et une ombre tombait sur mon âme, et je devenais pâle, et je frissonnais intérieurement à ces sons trop extraterrestres. Et ainsi, la jouissance s’évanouissait soudainement dans l’horreur, et l’idéal du 
beau devenait l’idéal de la hideur, comme la vallée de Hinnom est devenue la Géhenne. Il est inutile d’établir le caractère exact des problèmes qui, jaillissant des volumes dont j’ai parlé, furent pendant longtemps presque le seul objet de conversation entre Morella et moi. Les gens instruits dans ce que l’on peut appeler la morale théologique les concevront facilement, et ceux qui sont illettrés n’y comprendraient que peu de chose en tout cas. L’étrange panthéisme de Fichte, la Palingénésie modifiée des Pythagoriciens, et, par-dessus tout, la doctrine de l’identité telle qu’elle est présentée par Schelling, étaient généralement les points de discussion qui offraient le plus de charmes à l’imaginative Morella. Cette identité, dite personnelle, M. Locke, je crois, la fait judicieusement consister dans la permanence de l’être rationnel.
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Le Mystère de Marie Roget - Edgar Allan Poe (livre audio) | @ebookaudio

Le Mystère de Marie Roget - Edgar Allan Poe (livre audio)Extrait: Les détails extraordinaires que je suis invité à publier forment, comme on le verra, quant à la succession des époques, la première branche d’une série de coïncidences à peine imaginables, dont tous les lecteurs retrouveront la branche secondaire ou finale dans l’assassinat récent de Mary Cecilia Rogers, à New York.
Lorsque, dans un article intitulé Double Assassinat dans la rue Morgue, je m’appliquai, il y a un an à peu près, à dépeindre quelques traits saillants du caractère spirituel de mon ami le chevalier C. Auguste Dupin, il ne me vint pas à l’idée que j’aurais jamais à reprendre le même sujet. Je n’avais pas d’autre but que la peinture de ce caractère, et ce but se trouvait parfaitement atteint à travers la série bizarre de circonstances faites pour mettre en lumière l’idiosyncrasie de Dupin. J’aurais pu ajouter d’autres exemples, mais je n’aurais rien prouvé de plus. Toutefois, des év
énements récents ont, dans leur surprenante évolution, éveillé brusquement dans ma mémoire quelques détails de surcroît, qui garderont ainsi, je présume, quelque air d’une confession arrachée. Après avoir appris tout ce qui ne m’a été raconté que récemment, il serait vraiment étrange que je gardasse le silence sur ce que j’ai entendu et vu, il y a déjà longtemps.



Le Mystère de Marie Roget - Edgar Allan Poe (livre audio) | @ebookaudio

Ombre - Edgar Allan Poe (livre audio) | @ebookaudio

Ombre - Edgar Allan Poe (livre audio)Extrait: L’année avait été une année de terreur, pleine de sentiments plus intenses que la terreur, pour lesquels il n’y a pas de nom sur la terre. Car beaucoup de prodiges et de signes avaient eu lieu, et de tous côtés, sur la terre et sur la mer, les ailes noires de la Peste s’étaient largement déployées. Ceux-là néanmoins qui étaient savants dans les étoiles n’ignoraient pas que les cieux avaient un aspect de malheur ; et pour moi, entre autres, le Grec Oinos, il était évident que nous touchions au retour de cette sept cent quatre-vingt-quatorzième année, où, à l’entrée du Bélier, la planète Jupiter fait sa conjonction avec le rouge anneau du terrible Saturne. L’esprit particulier des cieux, si je ne me trompe grandement, manifestait sa puissance non-seulement sur le globe physique de la terre, mais aussi sur les âmes, les pensées et les méditations de l’humanité.
Une nuit, nous étions sept, au fond d’un noble palais, dans une sombre cité appelée Ptolémaïs, assis autour de quelques flacons d’un vin pourpre de Chios. Et notre chambre n’avait pas d’autre entrée qu’une haute porte d’airain ; et la porte avait été façonnée par l’artisan Corinnos, et elle était d’une rare main d’œuvre, et fermait en dedans. Pareillement, de noires draperies, protégeant cette chambre mélancolique, nous épargnaient l’aspect de la lune, des étoiles lugubres et des rues dépeuplées ; – mais le pressentiment et le souvenir du Fléau n’avaient pas pu être exclus a
ussi facilement. Il y avait autour de nous, auprès de nous, des choses dont je ne puis rendre distinctement compte, – des choses matérielles et spirituelles, – une pesanteur dans l’atmosphère, – une sensation d’étouffement, une angoisse, – et, par-dessus tout, ce terrible mode de l’existence que subissent les gens nerveux, quand les sens sont cruellement vivants et éveillés, et les facultés de l’esprit assoupies et mornes.



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Le Masque de la mort rouge - Edgar Allan Poe (livre audio) | @ebookaudio

Le Masque de la mort rouge - Edgar Allan Poe (livre audio)Extrait: Mais le prince Prospero était heureux, et intrépide, et sagace. Quand ses domaines furent à moitié dépeuplés, il convoqua un millier d’amis vigoureux et allègres de cœur, choisis parmi les chevaliers et les dames de sa cour, et se fit avec eux une retraite profonde dans une de ses abbayes fortifiées. C’était un vaste et magnifique bâtiment, une création du prince, d’un goût excentrique et cependant grandiose. Un mur épais et haut lui faisait une ceinture. Ce mur avait des portes de fer. Les courtisans, une fois entrés, se servirent de fourneaux et de solides marteaux pour souder les verrous. Ils résolurent de se barricader contre les impulsions soudaines du désespoir extérieur et de fermer toute issue aux frénésies du dedans. L’abbaye fut largement approvisionnée. Grâce à ces précautions, les courtisans pouvaient jeter le défi à la contagion. Le monde extérieur s’arrangerait comme il pourrait. En attendant, c’était folie de s’affliger ou de penser. Le prince avait pourvu à tous les moyens de plaisir. Il y avait des bouffons, il y avait des improvisateurs, des danseurs, des musiciens, il y avait le beau sous toutes ses formes, il y avait le vin. En dedans, il y avait toutes ces belles choses et la sécurité. Au-dehors, la Mort Rouge.
Ce fut vers la fin du cinquième ou sixième mois d
e sa retraite, et pendant que le fléau sévissait au-dehors avec le plus de rage, que le prince Prospero gratifia ses mille amis d’un bal masqué de la plus insolite magnificence.

Tableau voluptueux que cette mascarade ! Mais d’abord laissez-moi vous décrire les salles où elle eut lieu. Il y en avait sept, – une enfilade impériale. Dans beaucoup de palais, ces séries de salons forment de longues perspectives en ligne droite, quand les battants des portes sont rabattus sur les murs de chaque côté, de sorte que le regard s’enfonce jusqu’au bout sans obstacle. Ici, le cas était fort différent, comme on pouvait s’y attendre de la part du duc et de son goût très-vif pour le bizarre. Les salles étaient si irrégulièrement disposées, que l’œil n’en pouvait guère embrasser plus d’une à la fois. Au bout d’un espace de vingt à trente yards, il y avait un brusque détour, et à chaque coude un nouvel aspect. A droite et à gauche, au milieu de chaque mur, une haute et étroite fenêtre gothique donnait sur un corridor fermé qui suivait les sinuosités de l’appartement.



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Mellonta Tauta - Edgar Allan Poe (livre audio) | @ebookaudio

Mellonta Tauta - Edgar Allan Poe (livre audio)Extrait: Ajustez vos lunettes et préparez-vous à vous ennuyer. J'ai l'intention de vous écrire ainsi chaque jour pendant cet odieux voyage.
Mon Dieu ! quand donc quelque nouvelle Invention germera-t-elle dans le péricrâne humain ? Serons-nous donc éternellement condamnés aux mille inconvénients du ballon ?
Personne ne trouvera donc un système de locomotion plus expéditif ? Ce train de petit trot est, à mon avis, une véritable torture. Sur ma parole, depuis que nous sommes partis, nous n'avons pas fait plus de cent milles à l'heure. Les oiseaux mêmes nous battent, quelques-uns au moins. Je vous assure qu'il n'y a là aucune exagération. Notre mouvement, sans doute, semble plus lent qu'il n'est réellement – et cela, parce que nous n'avons autour de nous aucun point de comparaison qui puisse nous faire juger de notre rapidité, et que nous marchons avec le vent. Assurément, toutes les fois que nous rencontrons un autre ballon, nous avons alors quelque chance de nous rendre compte de notre vitesse, et je dois reconnaître qu'en somme cela ne va pas trop mal. Tout accoutumé que je suis à ce mod
e de voyage, je ne puis m'empêcher de ressentir une espèce de vertige, toutes les fois qu'un ballon nous devance en passant dans un courant directement au-dessus de notre tête. Il me semble toujours voir un immense oiseau de proie prêt à fondre sur nous et à nous emporter dans ses serres. Il en est venu un sur nous ce matin même au lever du soleil, et il rasa de si près le nôtre que sa corde-guide frôla le réseau auquel est suspendu notre char, et nous causa une sérieuse panique. Notre capitaine remarqua que si ce réseau avait été composé de cette vieille soie d'il y a cinq cents ou mille ans, nous aurions inévitablement souffert une avarie.
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Metzengerstein - Edgar Allan Poe (livre audio) | @ebookaudio

Metzengerstein - Edgar Allan Poe (livre audio)Extrait: Ainsi, un cheval, un chien, un homme même, ne sont que la ressemblance illusoire de ces êtres. Les familles Berlifitzing et Metzengerstein avaient été en discorde pendant des siècles. Jamais on ne vit deux maisons aussi illustres réciproquement aigries par une inimitié aussi mortelle. Cette haine pouvait tirer son origine des paroles d’une ancienne prophétie : – Un grand nom tombera d’une chute terrible, quand, comme le cavalier sur son cheval, la mortalité de Metzengerstein triomphera de l’immortalité de Berlifitzing. Certes, les termes n’avaient que peu ou point de sens. Mais des causes plus vulgaires ont donné naissance – et cela, sans remonter bien haut, – à des conséquences également grosses d’événements. En outre, les deux maisons, qui étaient voisines, avaient longtemps exercé une influence rivale dans les affaires d’un gouvernement tumultueux. De plus, des voisins aussi rapprochés sont rarement amis ; et, du haut de leurs terrasses massives, les habitants du château Berlifitzing pouvaient plonger leurs regards dans les fenêtres mêmes du palais Metzengerstein. Enfin, le déploiement d’une magnificence plus que féodale était peu fait pour calmer les sentiments irritables des Berlifitzing, moins anciens et moins riches. Y a-t-il donc lieu de s’étonner que les termes de cette prédiction, bien que tout à fait saugrenus, aient si bien créé et entretenu la discorde entre deux familles déjà prédisposées aux querelles par toutes les instigations d’une jalousie héréditaire ? La prophétie semblait impliquer, – si elle impliquait quelque chose, – un triomphe final du côté de la maison déjà plus puissante, et naturellement vivait dans la mémoire de la plus faible et de la moins influente, et la remplissait d’une aigre animosité. Wilhelm, comte Berlifitzing, bien qu’il fût d’une haute origine, n’était, à l’époque de ce récit, qu’un vieux radoteur infirme, et n’avait rien de remarquable, si ce n’est une antipathie invétérée et folle contre la famille de son rival, et une passion si vive pour les chevaux et la chasse, que rien, ni ses infirmités physiques, ni son grand âge, ni l’affaiblissement de son esprit, ne pouvait l’empêcher de prendre journellement sa part des dangers de cet exercice.



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