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jeudi 20 octobre 2016

Fils d'émigré - Ernest Daudet (livre audio) | @ebookaudio

Fils d'émigré - Ernest Daudet (livre audio)Y inclus, gratuitement, trois recueils de poèmes de Charles Péguy

Sainte Geneviève patronne de Paris

La Tapisserie de Notre-Dame

La tapisserie de sainte Geneviève et de Jeanne d’Arc

en format .epub et .mobi

Frère aîné d’Alphonse Daudet, il se consacre tout d’abord au commerce selon le souhait de sa famille. Voulant devenir écrivain, il finit par aller à Paris et commence à contribuer à divers journaux parisiens et de province. Parallèlement, il entre comme secrétaire-rédacteur au Sénat. Il publie une trentaine de romans et collabore à de nombreux journaux, souvent sous pseudonyme.

Extrait : Quoique la femme ait dépassé la première jeunesse, on la devine vieillie par la douleur plus que par l’âge. Ce qui lui reste de beauté resplendit encore sous ses cheveux blonds, dans l’éclat de ses yeux, dans la pureté de ses traits, dans la pâleur de son teint. Habillée d’une robe noire, en laine, sans ornements, toute sa personne, cependant, trahit tant d’élégance hautaine que ce vêtement de deuil la pare à l’égal des habits de cour qu’elle est accoutumée à porter. Elle se nomme la comtesse Louise de Malincourt.

L’enfant est son second fils, Bernard, celui qu’on appelle M. le chevalier. Il a treize ans à peine. Mais, depuis longtemps, il voit autour de lui des visages si tristes, il entend exprimer de si vives alarmes, raconter de si sombres histoires, proférer de si violentes menaces, que son esprit s’est mûri prématurément, et, qu’enfant par l’âge, c’est presque un homme par la pensée. Cette précocité se devine à l’expression inquiète de son regard, à la gravité répandue sur ses traits, au pli contracté de ses lèvres déshabituées du rire. Il est mince et brun, son front haut et large sous la perruque poudrée. Son habit violet, en soie unie, flotte sur les formes de son buste, élégantes quoique un peu grêles, et plus bas que la boucle d’argent qui arrête la culotte au-dessous du genou, la jambe se dessine fine et vigoureuse.
Agenouillé près de sa mère, il s’associe mentalement à la prière qu’elle récite à haute voix.
— Mon Dieu ! dit-elle, daignez protéger et soutenir dans leur infortune S. M. Louis XVI, sa famille, les princes ses frères et ses neveux. Je vous implore aussi pour mon mari, pour moi-même, pour mes enfants, surtout pour l’aîné que le service du roi expose, loin de nous, à d’innombrables périls.
Dans l’accent de cette ardente supplication se devinent les angoisses de l’épouse et de la mère. Elles sont cruelles, ces angoisses, cruelles et justifiées par les événements survenus depuis la Révolution : le 14 juillet 1789, la prise de la Bastille ; le 5 octobre de la même année, l’invasion de Versailles et le retour forcé de la famille royale aux Tuileries ; en 1790, la fête de la Fédération ; en 1791, la tentative avortée de Varennes et l’arrestation du roi fugitif ; puis les massacres dans les rues de Paris, le pillage d’un grand nombre de châteaux, la fuite précipité
e de plusieurs milliers de nobles, l’arrestation de beaucoup d’autres, l’audace croissante du parti jacobin et de la Commune de Paris. Avec un tel passé, que ne peut-on craindre de l’avenir ? Cet avenir, la comtesse de Malincourt, à travers son imagination enfiévrée, le voit troublé, violent et sombre.



Fils d'émigré - Ernest Daudet (livre audio) | @ebookaudio

Le roman de Delphine - Ernest Daudet (livre audio) | @ebookaudio

Le roman de Delphine - Ernest Daudet (livre audio)Y inclus, gratuitement, trois recueils de poèmes de Charles Péguy

Sainte Geneviève patronne de Paris

La Tapisserie de Notre-Dame

La tapisserie de sainte Geneviève et de Jeanne d’Arc

en format .epub et .mobi

Frère aîné d’Alphonse Daudet, il se consacre tout d’abord au commerce selon le souhait de sa famille. Voulant devenir écrivain, il finit par aller à Paris et commence à contribuer à divers journaux parisiens et de province. Parallèlement, il entre comme secrétaire-rédacteur au Sénat. Il publie une trentaine de romans et collabore à de nombreux journaux, souvent sous pseudonyme. 

Extrait : Il appartenait, il y a vingt ans, au banquier Jacques Savaron.

Cet hôtel se compose de deux grands corps de logis séparés par une vaste cour. Dans le premier, qui s’étend sur la rue, était installé le bureau du célèbre financier. Le second, situé entre la cour et un jardin rasé depuis, lui servait d’habitation. On ne saurait souhaiter une demeure plus somptueuse. Tout ce que les hommes ont inventé pour rendre l’existence confortable, luxueuse, pour aider aux aises du corps et flatter les yeux, se trouvait dans cette maison. Merveilles de l’industrie de l’ameublement, chefs-d’œuvre de l’art, tableaux, statues, bronzes, tapis, plantes rares, tout s’étalait comme à profusion ; il suffisait de mettre le pied sous ce toit favorisé par la fortune pour deviner que celui qui l’habitait n’avait plus rien à désirer des félicités matérielles et qu’il avait épuisé tous les plaisirs.
C’est dans une vaste pièce de l’hôtel Savaron que nous introduisons nos lecteurs. Il est cinq heures de l’après-midi. Le jour baisse rapidement, si rapidement qu’au moment où commence ce récit, un valet de pied vient d’apporter plusieurs lampes qu’il a déposées, l’une sur un vaste bureau couvert de papiers, l’autre sur un guéridon, la troisième sur un fût de colonne. Ces lampes, par la manière dont elles sont placées, distribuent habilement leur clarté. Tout est dans l’ombre, et cependant tout se voit. C’est que cette ombre est un demi-jour. Elle perm
et d’admirer une merveilleuse et artistique garniture de cheminée ; de compter les fleurs grises du tapis blanc qui s’étend sur le parquet ; d’embrasser d’un regard les meubles anciens qui garnissent cette pièce ; de comprendre enfin que l’on est chez un des heureux de la terre, dans une de ces demeures au seuil desquelles la misère s’arrête et où les peines de la vie semblent avoir moins d’âpreté qu’ailleurs.

Un homme marchait seul dans cette salle. C’était Jacques Savaron.
La banque Savaron et fils faisait partie de ce petit groupe d’établissements financiers dont la renommée, au double point de vue de la puissance et de la probité, s’étend dans le monde entier. Sa fondation remontait aux premières années de ce siècle. Jacques Savaron l’avait reçue des mains de son père, s’était appliqué et était parvenu à en développer la prospérité. Il espérait la léguer à son fils unique Karl, élevé surtout en vue de la lucrative et brillante carrière à laquelle on le destinait.




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