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lundi 17 octobre 2016

Le Moine noir - Anton Pavlovitch Tchekhov (livre audio) | @ebookaudio

Le Moine noir - Anton Pavlovitch Tchekhov (livre audio)Le Moine noir - Un philosophe obsédé par une légende refuse la médiocrité des gens raisonnables et sombre dans la folie. L'Effroi - D'autres intellectuels brisent comme lui leur vie familiale, trouvant la vie incompréhensible. La Vieille Maison - On se noie dans l'alcool, dans l'attente d'un avenir meilleur. Le Mendiant - On se tire parfois de la misère grâce au travail. Le Pari - Un pari fou mêne à une réflexion sur le sens de la vie et la liberté. Faits divers - On partage les rêves d'un bagnard en fuite, ceux d'un pauvre cordonnier qui vend son âme. On retrouve le Petit Poucet dans l'aventure d'Anioûtka la petite... Ce recueil nous permet aussi de découvrir un Tchékhov drôle. Comique et satire sociale se mêlent dans plusieurs récits. Il vaut mieux ne pas être un contrôleur zélé - Ah! Public!, aimer l'ordre à l‘excès - Le Sous-off Prichibêiév, dire ce que l'on pense - De mal en pis, demander un renseignement sans graisser la patte du fonctionnaire - Le Renseignement. L'instruction sauve-t-elle vraiment les hommes? On rit beaucoup en lisant L'Examen pour le rang, Le Point d'exclamation, Beaucoup de papier, La Lecture ou Le Portier intelligent. Enfin beaucoup de récits sont du pur théâtre comique - L'Orateur ou comment faire l'éloge funèbre d'un vivant, L'Écrivain ou l'art de la pub, La Fermentation des esprits ou comment un vol d'oiseaux prend des proportions inouïes. Enfin MM. les indigènes est une pièce en deux actes sur «l‘efficacité» d'une tour de gué. Tchékhov ne prend jamais parti, il se contente d'observer, souvent avec drôlerie, la quotidienneté, la monotonie des jours en province.

Extrait: Il ne suivait aucun traitement, mais un jour, buvant de la bière avec un ami médecin, il lui parla de sa santé, et le docteur lui conseilla d’aller passer le printemps et l’été à la campagne. Fort à propos, l’agrégé reçut une longue lettre de Tânia Péssôtski lui demandant de venir pour quelque temps à Borîssovka où elle habitait, et il décida d’accepter. Kôvrine – on était en avril – se rendit tout d’abord dans sa propriété natale de Kôvrinnka, où il resta trois semaines tout seul ; puis, quand les chemins furent praticables, il partit en voiture pour le logis de l’horticulteur réputé, Péssôtski, son ancien tuteur.

Il n’y avait que soixante-dix v
erstes de Kôvrinnka à Borîssovka ; rouler au printemps, sur une route à peine séchée, dans une confortable calèche, fut pour lui une véritable joie.

La maison des Péssôtski était une immense demeure à colonnes, avec des têtes de lions, des crépis qui se détachaient, et, à la porte, un laquais en habit. Un vieux parc à l’anglaise, sévère et rébarbatif, s’étendait de la maison à la rivière sur presque l’étendue d’une verste. Des pins aux racines dénudées, ressemblant à des pattes velues, croissaient sur la rive argileuse et abrupte qui le terminait. En bas l’eau scintillait, revêche ; des courlis volaient avec un cri plaintif, et l’on avait toujours l’impression qu’il fallait s’asseoir là et y écrire une ballade.



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Ma Vie - Récit d'un provincial - Anton Pavlovitch Tchekhov (livre audi | @ebookaudio

Ma Vie - Récit d'un provincial - Anton Pavlovitch Tchekhov (livre audio)Ma vie: Missaïl, fils de l'architecte de la ville, descendant d'une famille noble, ne peut se résoudre vivre cette vie de bourgeois que lui confère son droit de naissance. Il ne rêve que de travail manuel. - En voyage: Une chambre d'hôtel, une nuit de tempête, une rencontre fortuite, propice aux confidences... - Le Père: Rencontre du père avec son fils. La déchéance du père, sa descente aux enfers, en opposition avec la réussite et la bonté de ses fils. - Agäphia: Sâvka, garde-maraîcher, par désoeuvrement, exerce un prestige puissant et invincible sur les dulcinées du village. - Du champagne: Récit d'une imprévisible destinée. - La Sorcière: Le chantre Savèli soupçonne sa femme d'être une sorcière. Jusqu'où l'emmèneront ses soupçons? - Iônytch: Les illusions perdues de Iônytch dans la petite ville de S.

Extrait: Je ne vous garde que par estime pour votre vénéré père, sans cela, il y a longtemps que je vous aurais fait voler en l’air.

Je lui répondis :
– Vous me flattez, Excellence, en supposant que je puisse m’envoler dans les airs.
Et j’entendis qu’il ajoutait :
– Faites sor
tir ce monsieur, il me porte sur les nerfs.

Deux jours après, je fus renvoyé.
Ainsi, depuis le temps où je fus tenu pour adulte, je changeai dix fois d’emploi, au grand désespoir de mon père, l’architecte de la ville.
J’avais passé par différentes administrations, mais mes dix emplois se ressemblaient comme des gouttes d’eau : il fallait rester assis, écrire, entendre des observations bêtes ou grossières, en attendant le jour qu’on me renvoyât.
Mon père, quand j’entrai chez lui, était profondément enfoui dans son fauteuil, les yeux clos. Sa figure maigre, sèche, avec un reflet violacé aux endroits rasés (il ressemblait à un vieil organiste catholique), exprimait l’humilité et la soumission.
Sans répondre à mon bonjour, et sans ouvrir les yeux, il me dit :
– Si ma chère femme, ta mère, était vivante, ta façon de vivre serait pour elle une source de continuelle affliction ; dans sa mort prématurée, je vois un dessein de Dieu. Dis-moi, malheureux, reprit-il en ouvrant les yeux, ce que je dois faire de toi ?




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Un cas de pratique médicale - Anton Pavlovitch Tchekhov (livre audio) | @ebookaudio

Un cas de pratique médicale - Anton Pavlovitch Tchekhov (livre audio)Ces 26 récits, écrits entre 1882 et 1898, tournent essentiellement autour des relations homme-femme: riche héritière dépressive ou officier timide marqué par un baiser qui ne lui était pas destiné (Un cas..., Le Baiser), pièges tendus pour contraindre l’homme au mariage (Au bain, Raté, Journal d’un homme emporté). La tentation est bien grande (La Pharmacienne), surtout pour des moines (Sans titre), la vengeance du mari trompé n’est pas si simple (Le Vengeur, Une vengeance), et quand on pourrait être heureux, il y a toujours un empêchement (Le Méchant Garçon, En villégiature), surtout si on remonte... dans le mauvais train (Un homme heureux) ou que l’on est le cadavre dans une enquête policière rondement menée (L’Allumette suédoise). Avec humour, en variant les situations cocasses, avec gravité aussi, Tchékhov nous dit la difficulté de vivre et de partager le bonheur. «Tout l’univers, toute la vie lui parurent une farce absurde, sans but.» (Le Baiser)

Extrait: Il est six heures du soir. Assis dans son cabinet de travail, un savant russe assez connu, – appelons-le simplement un savant, – se mord nerveusement les ongles.

– C’est tout bonnement ignoble ! dit-il en regardant à chaque instant sa montre. C’est le comble du mépris pour le travail et le temps d’autrui ! Un pareil individu ne gagnerait pas, en Angleterre, un sol, et crèverait de faim. Voyons un peu quand tu vas arriver ?
Et éprouvant le besoin d’épancher son impatience et son dépit, le savant s’approcha de la chambre de sa femme et frappa à la porte :
– Kâtia ! fit-il d’une voix indignée, si tu vois Piôtre Danilytch, dis-lui que les gens comme il faut n’agissent pas ainsi !… C’est une horreur ! Il recommande un copiste sans savoir à qui il a affaire ! Ce jeune homme se met très réguli
èrement en retard chaque jour de deux à trois heures… Est-ce là un copiste ! Ces deux ou trois heures sont, pour moi, plus précieuses que deux ou trois années pour un autre ! Quand il va arriver, je vais le traiter comme un chien. Je ne lui donnerai pas un sou et le flanquerai à la porte. Il n’y a pas à se gêner avec des gens pareils !
– Tu dis ça chaque jour, et, toujours, il revient.
– Aujourd’hui, j’y suis décidé. Il m’a assez fait perdre de temps. Pardon, mais je vais crier après lui comme un cocher !
Voici enfin que la sonnette tinte. Le savant prend une mine sévère, et, la tête rejetée en arrière, entre dans l’antichambre.


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Une banale histoire - Anton Pavlovitch Tchekhov (livre audio) | @ebookaudio

Une banale histoire - Anton Pavlovitch Tchekhov (livre audio)Le thème dominant de ce recueil est l'incompréhension entre les humains, au travers d'une peinture de la société russe avec ses idées toutes faites, ses préjugés, ses rigidités. «Une banale histoire» : Un professeur de médecine, reconnu et absorbé par son métier, analyse ses relations avec sa femme et ses enfants. Il n'y trouve pas de grandes satisfactions. Il se sent réduit à ses titres et à son grade qui le limitent à des relations de hiérarchie dans son métier ou à des apparences dans la vie sociale, sans lui donner les moyens de changer les choses... «Le voyageur de 1re classe» est un ingénieur qui se désole d'être moins reconnu que les vedettes de variété, les brigands.. Dans «La Linotte», un professeur de médecine plein d'avenir épouse une femme qui se plaît dans les milieux artistes. La lune de miel ne dure guère. Cette femme ne commencera à prendre conscience de l'importance de son mari que lorsque celui-ci meurt. «La Dame au petit chien» conte une aventure amoureuse entre un homme et une femme en villégiature à Yalta. Cela ne devrait être qu'une passade sans suite, mais quelque chose fait qu'il n'en est rien. C'est le contre-exemple du thème principal, ici le courant passe, sans qu'on sache comment ni pourquoi. «Anne au cou» : un vieil homme riche épouse une jeune fille pauvre. C'est une description des rapports de force dans le couple. Naturellement, la force est au début du côté du mari qui contrôle l'argent. Bientôt le rapport s'inverse. Mais ceci n'altère en rien le vide des relations entre l'homme et la femme. «Un Désagrément» est la description d'un hôpital, avec son médecin qui manque de moyens et qui se heurte au personnel sous sa responsabilité. L'infirmier boit, la sage-femme est souvent absente, les règles élémentaires d'hygiènes ne sont pas respectées. Quand le médecin gifle l'infirmier, l'art du pouvoir est de noyer le poisson, de tout laisser en place et de ne rien régler. «On ne cache pas un aiguille dans un sac» est une petite histoire sur le thème de savoir qui trompe qui. Est-ce le policier qui, incognito, sur l'information d'une lettre anonyme, veut surprendre un trafic? Est-ce le conducteur de la troïka qui, ingénument, raconte que tout le monde est au courant que le policier arrive? «Une fois par an», c'est le jour de fête d'une vieille princesse. Les invités sont attendus, personne ne vient. Le domestique en est réduit à payer un neveu de la princesse pour que celui-ci daigne se déplacer. «Volodia» est un lycéen sans réussite dans ses études. Il ressent ses premiers émois amoureux pour une amie de sa mère. Celle-ci se débarrasse de lui comme d'un gamin et en plaisante avec la mère. Volodia trouve finalement un revolver et se suicide.

Extrait: Je lis des revues, des thèses, ou je prépare le cours suivant. Parfois j’écris quelque chose. Je travaille avec interruption, car il me faut recevoir des visiteurs.

On sonne. C’est un de mes collègues venu pour affaires. Il entre avec son chapeau et sa canne, me salue en les tenant, et dit :
– Je ne viens que pour une minute. Restez assis, collègue, je n’ai que deux mots à vous dire.
Nous nous efforçons de nous démontrer avant tout que nous sommes tous les deux extraordinairement polis et très contents de nous voir. Je le fais asseoir dans un fauteuil, et il me fait asseoir, puis nous nous passons l’un l’autre la main sur la taille, touchons nos boutons, et on dirait que nous nous tâtons l’un l’autre, craignant de nous brûler. Nous rions tous les deux, bien que nous ne disions rien de risible. Assis, nous nous penchons l’un vers l’autre et nous mettons à causer à mi-voix. Aussi peu cordialement soyons-nous disposés l’un pour l’autre, nous ne manquons pas de dorer nos paroles de toute sorte de chinoiseries, comme : « Vous avez daigné justement remarquer », ou : « Comme j’ai déjà eu l’honneur de vous le dire. » Et nous ne pouvons faire que de rire si l’un de nous risque un jeu de mots, même mal venu. Ayant fini de parler de so
n affaire, mon collègue se lève précipitamment, et remuant son chapeau en montrant mon travail, commence à prendre congé. Nous nous tapotons à nouveau l’un l’autre, et nous rions. Je l’accompagne dans l’antichambre. J’aide mon collègue à mettre sa pelisse, mais il se défend vivement de ce grand honneur. Ensuite, quand Iégor lui ouvre la porte, il m’assure que je vais m’enrhumer, et moi je fais mine que je suis prêt à l’accompagner jusque dans la rue. Et lorsqu’enfin je rentre dans mon cabinet, mon visage continue encore à sourire, sans doute par force acquise. Peu après, nouveau coup de sonnette. Quelqu’un entre dans l’antichambre, quitte longuement son manteau et tousse : Iégor m’annonce un étudiant. Je dis de le faire entrer. Une minute après m’arrive un jeune homme d’agréable tournure. Il y a déjà un an que nous sommes, lui et moi, en relations tendues. Il me répond de façon très faible aux examens et je lui mets des un. De ces gaillards que, dans la langue d’école, je retape ou fais sécher, il en vient par an sept chez moi. Ceux d’entre eux qui échouent par incapacité ou par maladie portent ordinairement leur croix avec patience et ne barguignent pas. Ne barguignent et ne viennent me trouver que les sanguins, les jeunes gens d’une nature généreuse, auxquels l’échec gâte l’appétit et qu’il empêche de suivre régulièrement l’Opéra. Pour les premiers, je suis gentil. Les seconds, je les traque toute l’année.



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