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jeudi 20 octobre 2016

L'Ami Commun - Tome II - Charles Dickens (livre audio) | @ebookaudio

L'Ami Commun - Tome II - Charles Dickens (livre audio)Le corps d'un homme est retrouvé dans la Tamise. Après identification, il s'agit de John Harmon, de retour à Londres pour recevoir son héritage. Le père de John avait ajouté une clause particulière à son testament: Il ne pourrait recevoir l'héritage qu'à la condition d'épouser la jolie Bella Wilfer, dont il ignorait tout. Dans la cas contraire, la fortune du vieil Harmon irait à son ancien bras droit, Nicodème Boffin. Ce roman, dans lequel on sent l'influence de Wilkie Collins, est le dernier terminé par Charles Dickens.

Extrait: Le secrétaire repassa dans son esprit tout ce qu’il s’était dit la veille. Ainsi qu’il arrive à bien des gens, il en était venu là sans s’apercevoir des forces accumulées de tous les incidents qu’avaient fait naître les circonstances. Lorsque dominé par la crainte qu’il devait au souvenir de ses premières années, lorsque effrayé du mal dont la fortune de son père avait toujours été la cause ou le prétexte, il avait conçu l’idée de sa première supercherie, ses intentions étaient pures. Le fait en lui-même paraissait innocent : cela durerait à peine quelques jours, peut-être quelques heures. La seule personne qui s’y trouvât mêlée était la jeune fille que lui imposait un caprice ; il n’avait à l’égard de miss Wilfer que les projets les plus honnêtes. S’il avait vu, par exemple, qu’elle en aimait un autre, que la pensée de ce mariage la rendait malheureuse, il se serait dit : n’employons pas cette fortune maudite à créer de nouvelles misères, et laissons-la aux seuls amis que nous ayons eus, ma sœur et moi, quand nous étions enfants.

Lorsque plus tard, par suite du piége où il était tombé, il vit sa mort affichée sur tous les murs, il accepta vaguement le concours que les circonstances apportaient à ses projets, sans voir qu’il consacrait ainsi le passage de sa fortune entre les mains de mister B
offin. Quand il eut retrouvé ses anciens amis plus fidèles, plus dévoués que jamais ; quand, du poste de confiance qu’il occupait auprès d’eux, il put apprécier leur âme généreuse et ne leur découvrit pas de défauts, il se demanda s’il devait les dépouiller d’un argent dont ils faisaient si bon usage, et ne vit aucune raison de leur infliger cette épreuve.

Il avait entendu dire à miss Wilfer elle-même, le soir où il était venu arrêter son logement, que ce mariage n’aurait été pour elle qu’une affaire d’intérêt. Après un an de relations quotidiennes, il avait essayé de lui ouvrir son cœur ; et non-seulement elle avait rejeté ses avances, mais elle s’en était offensée.
Lui convenait-il d’avoir assez peu de fierté pour acheter celle qu’il aimait, ou d’être assez lâche pour la punir de ce qu’elle ne l’aimait pas ? Et cependant s’il se faisait connaître il ne pouvait recouvrer son héritage qu’en ayant cette honte, ou y renoncer qu’en commettant cette bassesse.




L'Ami Commun - Tome II - Charles Dickens (livre audio) | @ebookaudio

L'Ami Commun - Tome I - Charles Dickens (livre audio) | @ebookaudio

L'Ami Commun - Tome I - Charles Dickens (livre audio)Le corps d'un homme est retrouvé dans la Tamise. Après identification, il s'agit de John Harmon, de retour à Londres pour recevoir son héritage. Le père de John avait ajouté une clause particulière à son testament: Il ne pourrait recevoir l'héritage qu'à la condition d'épouser la jolie Bella Wilfer, dont il ignorait tout. Dans la cas contraire, la fortune du vieil Harmon irait à son ancien bras droit, Nicodème Boffin. Ce roman, dans lequel on sent l'influence de Wilkie Collins, est le dernier terminé par Charles Dickens.

Extrait: Deux personnes étaient dans ce bateau : un homme vigoureux, à cheveux gris et en désordre, au teint bronzé par le soleil, et une jeune fille de dix-neuf à vingt ans qui lui ressemblait assez pour que l’on reconnût qu’il était son père.

La jeune fille ramait, et maniait ses avirons avec une grande aisance. L’homme aux cheveux gris, les cordes lâches du gouvernail entre les mains, et les mains dans la ceinture, fouillait la rivière d’un œil avide. Il n’avait pas de filet, pas d’hameçons, pas de ligne ; ce ne pouvait pas être un pêcheur. Ce n’était pas non plus un batelier ; son bateau n’offrait ni inscription, ni peinture, ni siége où un passager pût s’asseoir ; nul autre objet qu’un rouleau de corde, plus une gaffe couverte de rouille ; et ce bateau n’était ni assez grand, ni assez solide pour servir au transport des marchandises.
Rien dans cet homme, ni dans son entourage, ne laissait deviner ce qu’il cherchait ; mais il cherchait quelque chose, et du regard le plus attentif. Depuis une heure que la marée descendait, le moindre courant, la moindre ride qui se produisait sur sa large nappe, était guettée par l’homme, tandis que le bateau présentait au reflux soit la proue, soit la poupe, suivant la direction que lui imprimait la fille sur un signe de tête du père.

L'Ami Commun - Tome I - Charles Dickens (livre audio) | @ebookaudio

L'abîme - Charles Dickens (livre audio) | @ebookaudio

L'abîme - Charles Dickens (livre audio)Après avoir abandonné son enfant à sa naissance à l'Hospice des Enfants Trouvés, une jeune mère prise de remords le récupère à l'âge de douze ans. Walter Wilding connaît alors une existence heureuse près de sa mère et devient marchand de vins. Malheureusement, lorsqu'il atteint l'âge de vingt cinq ans, sa mère décède ?

Extrait : En même temps toutes les églises de la ville ouvrent leurs gosiers de bronze et forcent leurs voix. Quelques-unes ont inconsidérément commencé de chanter avant la Cathédrale ; d’autres n’y vont pas si vite et sont en retard de quatre, de six coups sur la grosse cloche. Cependant toutes se suivent d’assez près pour laisser ensemble dans l’air une même résonance longue et plaintive. On dirait que le père ailé qui dévore ses enfants décrit une courbe retentissante, avec sa faux gigantesque, au-dessus de la Cité.

Quelle est cette cloche plus sourde et plus triste que toutes les autres, plus proche aussi de notre oreille ?… Ce soir-là elle retarde si fort que ses vibrations persistent seules, longtemps après que tout autre son s’est éteint dans l’air. C’est la cloche de l’Hospice des Enfants Trouvés.
Jadis les enfants y étaient reçus sans enquête. Un tour pratiqué dans la muraille s’ouvrait et se refermait discrètement. Il n’en est plus ainsi aujourd’hui. On prend des informations sur les pauvres petits hôtes, on les reçoit par faveur des mains de leurs mères. Ces malheureuses mères doivent renoncer à les revoir, à les réclamer même, et cela pour jamais !
Ce soir, la lune est dans son plein, la nuit est assez douce. La journée n’a pourtant pas été belle ; la boue épaissie par les larmes du brouillard recouvre les rues d’une couche noirâtre, et, certes, il faut, pour éviter l’atteinte pénétrante, que la dame voilée qui se promène de long en large soit bien et solidement chaussée.




L'abîme - Charles Dickens (livre audio) | @ebookaudio

Aventures de Monsieur Pickwick - Tome II - Charles Dickens (livre audi | @ebookaudio

Aventures de Monsieur Pickwick - Tome II - Charles Dickens (livre audio)Extrait: Il y a plusieurs grades parmi les clercs : d'abord le premier clerc, qui a payé une pension, qui est avoué en perspective, possède un compte courant chez son tailleur, reçoit des invitations de soirées, connaît une famille dans Gower-street et une autre dans Tavistock-Square, quitte la ville aux vacances pour aller voir son père, entretient d'innombrables chevaux vivants, et est enfin l'aristocrate des clercs. Il y a le clerc salarié, externe ou interne, suivant les cas : il consacre la majeure partie de ses trente shillings hebdomadaires à orner sa personne et à la divertir. Trois fois par semaine, au moins, il assiste à moitié prix aux représentations du théâtre d'Adelphi, et fait majestueusement la débauche dans les tavernes qui restent ouvertes après la fermeture des spectacles ; il est enfin une caricature malpropre de la mode d'il y a six mois. Vient ensuite l'expéditionnaire, homme d'un certain âge, père d'une nombreuse famille : il est toujours râpé et souvent gris. Puis ce sont les saute-ruisseaux dans leur premier habit ; ils éprouvent un mépris convenable pour les enfants à l'école, se cotisent en retournant à la maison, le soir, pour l'achat de saucissons et de porter, et pensent qu'il n'y a rien de tel que de faire la vie. Il y a, en un mot, des variétés de clercs trop nombreuses pour que nous puissions les énumérer, mais tout innombrables qu'elles soient, on les voit toutes, à certaines heures réglées, s'engouffrer dans les lieux sombres que nous venons de mentionner, ou en ressortir comme un torrent.

Ces antres, isolés du reste du monde, nous représentent les bureaux publics de la justice. Là sont lancées les assignations ; là les jugements sont signés ; là les déclarations sont remplies ; là une multitude d'autres petites machines sont ingénieusement mises en mouvement pour la torture des fidèles sujets de Sa Majesté, et pour le profit des hommes de loi. Ce sont, pour la plupart, des salles basses, sentant le renfermé, où d'innombrables feuilles de parchemin qui y transpirent en secret depuis un siècle, émettent un agréable parfum, auquel vient se mêler, pendant la journée, une odeur de moisissure, et pendant la nuit, les exhalaisons de manteaux, de parapluies humides et de chandelles rances.



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Aventures de Monsieur Pickwick - Tome I - Charles Dickens (livre audio | @ebookaudio

Aventures de Monsieur Pickwick - Tome I - Charles Dickens (livre audio)Voici les aventures et mésaventures de l'inénarrable Pickwick et son valet Sam Weller, feuilleton picaresque ayant pour héros un Don Quichotte bedonnant et un Sancho Panza s'exprimant avec l'accent cockney. Un journaliste écrivait, à propos de ce roman : «Une thérapie de choc par le fou rire, un ballon de gaz hilarant».

Extrait: « Séance du 12 mai 1831, présidée par Joseph Smiggers, Esq. V.P.P.M.P.C. a été arrêté ce qu’il suit à l’unanimité.

« L’ASSOCIATION a entendu lire avec un sentiment de satisfaction sans mélange et avec une approbation absolue, les papiers communiqués par Samuël Pickwick, Esq. P.P.M.P.C., et intitulés Recherches sur les sources des étangs de Hampstead, suivies de quelques observations sur la théorie des têtards.
« L’ASSOCIATION en offre ses remercîments les plus sincères audit Samuël Pickwick, Esq. P.P.M.P.C.
« L’ASSOCIATION, tout en appréciant au plus haut degré les avantages que la science doit retirer des ouvrages susmentionnés, aussi bien que des infatigables recherches de Samuël Pickwick dans Hornsey, Highgate, Brixton et Camberwell, ne peut s’empêcher de reconnaître les inappréciables résultats dont on pourrait se flatter pour la diffusion des connaissances utiles, et pour le perfectionnement de l’instruction, si les travaux de cet homme illustre avaient lieu sur une plus vaste échelle, c’est-à-dire si ses voyages étaient plus étendus, aussi bien que la sphère de ses observations.
« Dans ce but, l’ASSOCIATION a pris en sérieuse considération une proposition émanant du susdit Samuël Pickwick, Esq. P. P.M.P.C., et de trois autres pickwickiens ci-après nommés, et tendant à former une nouvelle branche de pickwickiens-unis, sous le titre deSociété correspondante du Pickwick-Club.
« Ladite proposition ayant été approuvée et sanctionnée par l’ASSOCIATION,
« La Société correspondante du Pickwick-
Club est par les présentes constituée ; Samuël Pickwick, Esq. P.P.M.P.C., Auguste Snodgrass, Esq. M.P.C., Tracy Tupman, Esq. M.P. C., et Nathaniel Winkle, Esq. M.P.C., sont également, par les présentes, choisis et nommés membres de ladite Société correspondante, et chargés d’adresser de temps en temps à l’ASSOCIATION DU PICKWICK-CLUB, à Londres, des détails authentiques sur leurs voyages et leurs investigations ; leurs observations sur les caractères et sur les mœurs ; toutes leurs aventures enfin, aussi bien que les récits et autres opuscules auxquels pourraient donner lieu les scènes locales, ou les souvenirs qui s’y rattachent.

« L’ASSOCIATION reconnaît cordialement ce principe que les membres de la Société correspondante doivent supporter eux-mêmes les dépenses de leurs voyages ; et elle ne voit aucun inconvénient à ce que les membres de ladite société poursuivent leurs recherches pendant tout le temps qu’il leur plaira, pourvu que ce soit aux mêmes conditions.
« Enfin les membres de la susdite société sont par les présentes informés que leur proposition de payer le port de leurs lettres et de leurs envois a été discutée par l’ASSOCIATION ; que l’ASSOCIATION considère cette offre comme digne des grands esprits dont elle émane, et qu’elle lui donne sa complète approbation. »




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Barnabé Rudge - Tome I - Charles Dickens (livre audio) | @ebookaudio

Barnabé Rudge - Tome I - Charles Dickens (livre audio)Londres au XVIIIème siècle. Les protestants transcendés par Lord George Gordon se rebellent contre le parlement et les catholiques. De sanglantes émeutes éclatent un peu partout dans la région londonienne, qui vont conduire la foule galvanisée au meurtre et au saccage. Une histoire dramatique immortalisée par un grand auteur.

Extrait: Voici de longues années… permettez-moi de ne pas en avouer le nombre… que m'arriva la bonne nouvelle de ma promotion comme enseigne dans le 4ed'infanterie de Sa Majesté. Mon nom, qui si longtemps avait figuré sur les états du Duc, avec ces mots en marge : « Question épineuse, » allait enfin se trouver inscrit sur le registre mensuel des promotions et des appointements. Depuis ce jour, j'ai traversé toutes les vicissitudes de la guerre
 et de la paix. Le camp et le bivouac, l'insouciante gaieté de la mess-table, la désolante solitude d'une prison française, les émotions violentes du service de campagne, l'existence monotone de garnison, m'ont également apporté leur part de plaisirs et d'épreuves. Une carrière de ce genre, quand la nature vous a donné un tempérament toujours prêt à vous mettre à l'unisson de ceux qui vous entourent, ne saurait manquer d'avoir sa bonne provision d'aventures. Telle a été la mienne ; et, sans prétendre à autre chose qu'à retracer quelques-unes des scènes dans lesquelles j'ai joué un rôle, et qu'à rappeler le souvenir de leurs autres acteurs… hélas ! dont quelques-uns ne sont plus aujourd'hui… j'ai livré ces pages aux hasards de la publicité.


Si je n'ai pas choisi cette portion de ma vie qui présentait le plus d'incidents et de faits dignes d'être racontés, mon excuse est bien simple ; c'est que j'ai mieux aimé, dans cette première apparition sur les planches, m'accoutumer à l'air de la maison par le personnage du Coq que de me montrer au public dans un rôle plus difficile d'Hamlet.




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Barnabé Rudge - Tome II - Charles Dickens (livre audio) | @ebookaudio

Barnabé Rudge - Tome II - Charles Dickens (livre audio)Extrait: Souvent, après la chute du jour, il entrait dans la rue et tournait ses regards vers la maison qu'il connaissait si bien ; et il était sûr d'y voir la lumière solitaire briller encore à travers les fentes du volet de la fenêtre, quand tout paraissait au dedans muet, immobile, triste comme un tombeau. Comme il ne voulait pas risquer de perdre la faveur de M. Haredale en désobéissant à ses injonctions précises, il ne s'aventurait jamais à frapper à la porte ou à trahir sa présence ; mais, chaque fois que l'attrait d'un vif intérêt et d’une curiosité non satisfaite le poussait à venir voir de ce côté, et Dieu sait s'il y venait souvent, la lumière était toujours là.
Quand il aurait su ce qui se pas
sait au dedans, il n'en aurait guère été plus avancé ; ce n'est pas là ce qui lui aurait donné la clef de ces veilles mystérieuses. A la brune, M. Haredale se renfermait chez lui, et au point du jour il sortait. Il ne manquait jamais une seule nuit le même manège. Il entrait et sortait toujours tout seul, sans varier le moins du monde ses habitudes.

Voici comment il occupait sa veillée. Le soir, il entrait au logis, absolument comme le jour où le serrurier l'avait accompagné. Il allumait une bougie, parcourait l'appartement, l'examinant avec soin et en détail. Cela fait, il retournait dans la chambre du rez-de-chaussée, posait son épée et ses pistolets sur la table, et s'asseyait devant jusqu'au lendemain matin.
Il avait presque toujours avec lui un livre que souvent il essayait de lire, mais sans pouvoir jamais y fixer les yeux ou sa pensée cinq minutes de suite. Le plus léger bruit au dehors frappait son oreille : il semblait qu'il ne pouvait pas résonner un pas sur le trottoir qui ne lui fit bondir le cœur.




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Le Grillon du Foyer - Charles Dickens (livre audio) | @ebookaudio

Le Grillon du Foyer - Charles Dickens (livre audio)Le vieux Caleb est un pauvre fabricant de jouets. Mais il fait croire à sa fille aveugle qu'elle vit dans le luxe, unique moyen pour lui, de témoigner son amour au seul être cher qu'il a au monde et de lui apporter un peu de joie... Ce conte émouvant, tant pour les enfants que pour les grands, fait également partie des « Contes de Noël » 

Extrait : Ne me dites pas ce que mistress Peerybingle disait. Je le sais mieux qu’elle. Mistress Peerybingle peut laisser croire jusqu’à la fin des temps qu’elle ne saurait dire lequel des deux commença à crier ; mais moi je dis que c’est la Bouilloire. Je dois le savoir, j’espère ! La Bouilloire commença cinq bonnes minutes, à la petite horloge de Hollande qui était dans un coin, avant que le Grillon poussât le premier cri.

Comme si, vraiment, le petit faucheur placé en haut de l’horloge n’avait pas fauché au moins un demi arpent de pré, abattant une herbe imaginaire avec sa faux lancée de droite à gauche, avant que le Grillon fît chorus avec la Bouilloire !
Je ne suis pas d’un caractère absolu ; tout le monde le sait. Je ne voudrais pas mettre mon opinion en opposition avec celle de mistress Peerybingle, si je n’étais pas sûr, positivement sûr de ce que je dis. Mais ceci est une question de fait. Et le
 fait est que la Bouilloire se mit à chanter au moins cinq minutes avant que le Grillon donnât signe de vie. Contredisez-moi, et je le dirai dix fois.

Laissez-moi narrer exactement ce qui se passa. C’est ce que j’aurais fait tout d’abord, si ce n’était pas par cette simple considération que, si j’ai une histoire à raconter, il faut que je commence par le commencement, et comment est-il possible de commencer par le commencement, sans commencer par la Bouilloire ?
Il paraît qu’il y avait une sorte de défi, un assaut de talent, vous comprenez, entre la Bouilloire et le Grillon. Et voici quelle en fut l’occasion.
Mistress Peerybingle était sortie un peu avant la nuit close, et les talons cerclés en fer de ses patins laissaient sur le pavé humide de la cour de nombreuses figures dont la première proposition d’Euclide donne la démonstration. Elle était sortie pour aller remplir la Bouilloire au réservoir.




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Les conteurs à la ronde - Charles Dickens (livre audio) | @ebookaudio

Les conteurs à la ronde - Charles Dickens (livre audio)De beaux contes, sous forme de «l'histoire de» : L'histoire du parent pauvre - L'histoire de l'enfant - L'histoire de quelqu'un ou La légende des deux rivières - L'histoire de la vieille marie bonne d'enfant - L'histoire de l'hôte - L'histoire du grand-père - L'histoire de la femme de journée - L'histoire de l'écolier sourd - Histoire de l'invité - L'histoire de la mère - Le retour de l'émigrant ou Noël après quinze ans d'absence 

Extrait : « Quant à lui, dit-il, il était si peu fait à se mettre en avant, qu’en vérité… » Mais ici tous s’écrièrent d’une voix unanime qu’il devait commencer, et ils furent d’accord pour répéter qu’il le pouvait, qu’il le devait, qu’il le ferait. Il discontinua donc de se frotter les mains, retira ses jambes de dessous son fauteuil et commença :

Je ne doute point, dit le parent pauvre, que par la confession que je vais vous faire, je surprendrai les membres réunis de notre famille, et particulièrement John, notre estimable hôte, à qui nous avons une si grande obligation pour l’hospitalité magnifique avec laquelle il nous a traités aujourd’hui. Mais si vous me faites l’honneur d’être surpris de 
n’importe ce qui vient d’un membre de la famille aussi insignifiant que moi, tout ce que je peux vous dire, c’est que je serai d’une scrupuleuse exactitude dans tout ce que je vous raconterai.

Je ne suis point ce qu’on me suppose être. Je suis tout autre. Peut-être avant d’aller plus loin, serait-ce mieux d’indiquer d’abord ce que l’on suppose que je suis.
On suppose, ou je me trompe fort, – les membres réunis de notre famille me relèveront si je commets une erreur, ce qui est bien probable (ici, le parent pauvre promena autour de lui un regard plein de douceur pour encourager la contradiction), – on suppose que je ne suis l’ennemi de personne que de moi-même et que je n’ai jamais réussi en rien. Si j’ai fait de mauvaises affaires, c’est, dit-on, parce que j’étais impropre aux affaires et trop crédule pour pénétrer les desseins intéressés de mon associé ; – si j’échouai dans mes projets de mariage, c’est parce que, dans ma confiance ridicule, je regardais comme impossible que Christiana consentît à me tromper ; – si mon oncle Chill, dont j’attendais une belle fortune, me donna mon congé, c’est parce qu’il ne me trouva pas l’intelligence commerciale dont il m’aurait voulu voir doué.




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Cantique de Noël - Charles Dickens (livre audio) | @ebookaudio

Cantique de Noël - Charles Dickens (livre audio)Un soir de Noël, Scrooge, vieil homme d'affaires avare et cupide, a une hallucination en rentrant chez lui : il voit le fantôme de Jacob Marley, son associé décédé des années auparavant, dans le marteau de la porte. Sans s'inquiéter outre mesure de cette « sottise », Scrooge s'apprête à se mettre au lit lorsque la sonnette qui servait autrefois à appeler les domestiques se met à tinter. Or, cette sonnette aboutit à une pièce condamnée depuis bien longtemps, et personne n'a donc pu en tirer la ficelle... Voici le conte de Noël le plus connu de l'auteur, une belle histoire à lire au coin du feu, chaque année, juste avant Noël...

Extrait : Là-dessus, pas l’ombre d’un doute. Le registre mortuaire était signé par le ministre, le clerc, l’entrepreneur des pompes funèbres et celui qui avait mené le deuil. Scrooge l’avait signé, et le nom de Scrooge était bon à la bourse, quel que fût le papier sur lequel il lui plût d’apposer sa signature.

Le vieux Marley était aussi mort qu’un clou de porte.
Attention ! je ne veux pas dire que je sache par moi-même ce qu’il y a de particulièrement mort dans un clou de porte. J’aurais pu, quant à moi, me sentir porté plutôt à regarder un clou de cercueil comme le morceau de fer le plus mort qui soit da
ns le commerce ; mais la sagesse de nos ancêtres éclate dans les similitudes, et mes mains profanes n’iront pas toucher à l’arche sainte ; autrement le pays est perdu. Vous me permettrez donc de répéter avec énergie que Marley était aussi mort qu’un clou de porte.
Scrooge savait-il qu’il fût mort ? Sans contredit. Comment aurait-il pu en être autrement ? Scrooge et lui étaient associés depuis je ne sais combien d’années. Scrooge était son seul exécuteur testamentaire, le seul administrateur de son bien, son seul légataire universel, son unique ami, le seul qui eût suivi son convoi. Quoiqu’à dire vrai, il ne fût pas si terriblement bouleversé par ce triste événement, qu’il ne se montrât un habile homme d’affaires le jour même des funérailles et qu’il ne l’eût solennisé par un marché des plus avantageux.
La mention des funérailles de Marley me ramène à mon point de départ. Il n’y a pas de doute que Marley était mort : ceci doit être parfaitement compris, autrement l’histoire que je vais raconter ne pourrait rien avoir de merveilleux.

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Les grandes espérances II - Charles Dickens (livre audio) | @ebookaudio

Les grandes espérances II - Charles Dickens (livre audio)Pip, orphelin élevé par une soeur revêche, vit rongé par la honte: celle d'être à la charge de son beau-père, le forgeron Joe Garnery - celle d'avoir aidé, dans les marais, un forçat évadé, Magwitch, et celle ,enfin, de sa pauvreté devant Estella, la pupille de la riche Melle Havisham. Il rêve de devenir digne de la conquérir quand on lui annonce que de grandes espérances lui sont permises grâce à un mystérieux mécène. Il part alors pour Londres où il acquiert le vernis social ,et aussi le snobisme ,du gentilhomme. Tout vacille lorsqu'il apprend que son bienfaiteur n'est autre que Magwitch.

Extrait : « Sans doute, il n’est pas tout à fait le genre d’homme qu’il faut, Pip, dit mon tuteur, sachant d’avance à quoi s’en tenir sur son compte ; parce que l’homme qui remplit un poste de confiance n’est jamais le genre d’homme qu’il faut. »

Et il sembla ravi de trouver que ce poste en particulier n’était pas tenu exceptionnellement par quelqu’un du genre qu’il fallait, et il m’écouta d’un air satisfait pendant que je lui racontais ce que je savais d’Orlick.
« Très bien, Pip, dit-il quand j’eus fini, je passerai tout à l’heure pour remercier notre ami. »
Un peu alarmé par cette promptitud
e d’action, j’opinai pour un peu de délai, et je ne lui cachai même pas que notre ami lui-même serait peut-être assez difficile à manier.

« Oh ! allons donc ! dit mon tuteur en laissant passer le bout de son mouchoir de poche avec une entière confiance, je voudrais bien le voir discuter la chose avec moi ! »
Comme nous devions retourner ensemble à Londres par la voiture de midi, et que j’avais déjeuné avec une si grande appréhension de voir paraître Pumblechook, que je pouvais à peine tenir ma tasse, cela me fournit l’occasion de dire que j’avais besoin de marcher et que j’irais en avant sur la route de Londres, pendant que M. Jaggers irait à ses affaires, s’il voulait bien prévenir le cocher que je reprendrais ma place quand la voiture me rejoindrait. Je pus ainsi fuir le Cochon bleu aussitôt après déjeuner. En faisant un détour d’un couple de milles, en pleine campagne, derrière la propriété de Pumblechook, je retombai dans la grande rue, un peu au-delà de ce traquenard, et je me sentis comparativement en sûreté.
Ce me fut un grand plaisir de me retrouver dans la vieille et silencieuse ville, et il ne m’était pas trop désagréable de me voir, par-ci par-là, reconnu et lorgné.




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Les grandes espérances I - Charles Dickens (livre audio) | @ebookaudio

Les grandes espérances I - Charles Dickens (livre audio)Pip, orphelin élevé par une soeur revêche, vit rongé par la honte: celle d'être à la charge de son beau-père, le forgeron Joe Garnery - celle d'avoir aidé, dans les marais, un forçat évadé, Magwitch, et celle ,enfin, de sa pauvreté devant Estella, la pupille de la riche Melle Havisham. Il rêve de devenir digne de la conquérir quand on lui annonce que de grandes espérances lui sont permises grâce à un mystérieux mécène. Il part alors pour Londres où il acquiert le vernis social ,et aussi le snobisme ,du gentilhomme. Tout vacille lorsqu'il apprend que son bienfaiteur n'est autre que Magwitch.

Extrait : C’est ainsi que je m’appelai moi-même Pip, et que tout le monde m’appela Pip.

Si je donne Pirrip comme le nom de famille de mon père, c’est d’après l’autorité de l’épitaphe de son tombeau, et l’attestation de ma sœur, Mrs Joe Gargery, qui a épousé le forgeron. N’ayant jamais vu ni mon père, ni ma mère, même en portrait puisqu’ils vivaient bien avant les photographes, la première idée que je me formai de leur personne fut tirée, avec assez peu de raison, du reste, de leurs pierres tumulaires. La forme des lettres tracées sur celle de mon père me donna l’idée bizarre que c’était un homme brun, fort, carré, ayant les cheveux noirs et frisés. De la tournure et des caractères de cette inscription : Et aussi Georgiana, épouse du ci-dessus, je tirai la conclusion enfantine que ma mère avait été une femme faible et maladive. Les cinq petites losanges de pierre, d’environ un pied et demi de longueur, qui étaient rangées avec soin à côté de leur tombe, et dédiées à la mémoire de cinq petits frères qui avaient quitté ce monde après y être à peine entrés, firent naître en moi une pensée que j’ai religieusement conservée depuis, c’est qu’ils étaient venus en ce monde couchés sur leurs dos, les mains dans les poches de leurs pantalons, et qu’ils n’étaient jamais sortis de cet état d’immobilité.
Notre pays est une c
ontrée marécageuse, située à vingt milles de la mer, près de la rivière qui y conduit en serpentant. La première impression que j’éprouvai de l’existence des choses extérieures semble m’être venue par une mémorable après-midi, froide, tirant vers le soir. À ce moment, je devinai que ce lieu glacé, envahi par les orties, était le cimetière ; que Philip Pirrip, décédé dans cette paroisse, et Georgiana, sa femme, y étaient enterrés ; que Alexander, Bartholomew, Abraham, Tobias et Roger, fils desdits, y étaient également morts et enterrés ; que ce grand désert plat, au-delà du cimetière, entrecoupé de murailles, de fossés, et de portes, avec des bestiaux qui y paissaient çà et là, se composait de marais ; que cette petite ligne de plomb plus loin était la rivière, et que cette vaste étendue, plus éloignée encore, et d’où nous venait le vent, était la mer ; et ce petit amas de chairs tremblantes effrayé de tout cela et commençant à crier, était Pip.

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David Copperfield 2 - Charles Dickens (livre audio) | @ebookaudio

David Copperfield 2 - Charles Dickens (livre audio)La vie de David Copperfield est sans histoire jusqu'au jour où sa mère se remarie. Maltraité par son beau-père, envoyé en pension, David commence une lente descente aux enfers. Travaillant à Londres pour survivre, il n'a plus qu'une idée en tête: s'enfuir et retrouver le bonheur perdu... Mais il ne peux compter que sur lui et la providence pour s'en sortir. 

Extrait : Elle avait acheté depuis longtemps, sur ses économies, un petit coin de terre dans notre vieux cimetière, près du tombeau de « sa chérie », comme elle appelait toujours ma mère, et c’était là que devait reposer le corps de son mari.

Quand j’y pense à présent, je sens que je ne pouvais pas être plus heureux que je l’étais véritablement alors de tenir compagnie à Peggotty, et de faire pour elle le peu que je pouvais faire. Mais je crains bien d’avoir éprouvé une satisfaction plus grande encore, satisfaction personnelle et professionnelle, à examiner le testament de M. Barkis et à en apprécier le contenu.
Je revendique l’honneur d’avoir suggéré l’idée que le testament devait se trouver dans le coffre. Après quelques recherches, on l’y découvrit, en effet, au fond d’un sac à picotin, en compagnie d’un peu de foin, d’une vieille montre d’or avec une chaîne et des breloques, que M. Barkis avait portée le jour de son mariage, et qu’on n’avait jamais vue ni avant ni après ; puis d’un bourre-pipe en argent, figurant une jambe ; plus d’un citron en carton, rempli de petites tasses et de petites soucoupes, que M. Barkis avait, je suppose, acheté quand j’étais enfant, pour m’en faire présent, sans avoir le courage de s’en défaire ensuite ; enfin, nous trouvâmes quatre-vingt sept pièces d’or en guinées et en demi-guinées, cent dix livres sterling en billets de banque tout neufs, des actions sur la banque d’Angleterre, un vieux fer à cheval, un mauvais shilling, un morceau de camphre et une coquille d’huître. Comme ce dernier objet avait été évidemment frotté, et que la nacre de l’intérie
ur déployait les couleurs du prisme, je serais assez porté à croire que M. Barkis s’était fait une idée confuse qu’on pouvait y trouver des perles, mais sans avoir pu jamais en venir à ses fins.

Depuis bien des années, M. Barkis avait toujours porté ce coffre avec lui dans tous ses voyages, et, pour mieux tromper l’espion, s’était imaginé d’écrire avec le plus grand soin sur le couvercle, en caractères devenus presque illisibles à la longue, l’adresse de « M. Blackboy, bureau restant, jusqu’à ce qu’il soit réclamé. »



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David Copperfield 1 - Charles Dickens (livre audio)La vie de David Copperfield est sans histoire jusqu'au jour où sa mère se remarie. Maltraité par son beau-père, envoyé en pension, David commence une lente descente aux enfers. Travaillant à Londres pour survivre, il n'a plus qu'une idée en tête: s'enfuir et retrouver le bonheur perdu... Mais il ne peux compter que sur lui et la providence pour s'en sortir.

Extrait : C’est ce que ces pages vont apprendre au lecteur. Pour commencer par le commencement, je dirai donc que je suis né un vendredi, à minuit (du moins on me l’a dit, et je le crois). Et chose digne de remarque, l’horloge commença à sonner, et moi, je commençai à crier, au même instant.

Vu le jour et l’heure de ma naissance, la garde de ma mère et quelques commères du voisinage qui me portaient le plus vif intérêt longtemps avant que nous pussions faire mutuellement connaissance, déclarèrent : 1∘ que j’étais destiné à être malheureux dans cette vie ; 2∘ que j’aurais le privilège de voir des fantômes et des esprits. Tout enfant de l’un ou de l’autre sexe assez malheureux pour naître un vendredi soir vers minuit possédait invariablement, disaient-elles, ce double don.
Je ne m’occupe pas ici de leur premièr
e prédiction. La suite de cette histoire en prouvera la justesse ou la fausseté. Quant au second point, je me bornerai à remarquer que j’attends toujours, à moins que les revenants ne m’aient fait leur visite quand j’étais encore à la mamelle. Ce n’est pas que je me plaigne de ce retard, bien au contraire : et même si quelqu’un possède en ce moment cette portion de mon héritage, je l’autorise de tout mon cœur à la garder pour lui.

Je suis né coiffé : on mit ma coiffe en vente par la voie des annonces de journaux, au très modique prix de quinze guinées. Je ne sais si c’est que les marins étaient alors à court d’argent, ou s’ils n’avaient pas la foi et préféraient se confier à des ceintures de liège, mais ce qu’il y a de positif, c’est qu’on ne reçut qu’une seule proposition ; elle vint d’un courtier de commerce qui offrait cinquante francs en argent, et le reste de la somme en vin de Xérès : il ne voulait pas payer davantage l’assurance de ne jamais se noyer. On renonça donc aux annonces qu’il fallut payer, bien entendu. Quant au xérès, ma pauvre mère venait de vendre le sien, ce n’était pas pour en acheter d’autre.



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Olivier Twist II - Charles Dickens (livre audio)Après la disparition de sa mère, morte en le mettant au monde, Olivier Twist est placé et élevé dans un orphelinat. Il devient vite le souffre-douleur du cruel bedeau Bumble qui pour s'en débarrasser, le place comme apprenti chez un fabricant de cercueils. Maltraité, Olivier s'enfuit à Londres où il est enrôlé dans une bande d'enfants-voleurs dirigé par Fagin, un homme redoutable. 

Extrait : « Maintenant, dit-il à voix basse en tournant doucement la clef dans la serrure, vous allez me dire ce que vous en pensez. Quoique sa barbe ne soit pas fraîchement rasée, il n’en a pas l’air plus féroce. Attendez… laissez-moi voir si vous pouvez entrer. »

Le docteur entra le premier, jeta un coup d’œil dans la chambre et fit signe aux dames d’avancer : puis il ferma la porte derrière elles, et écarta doucement les rideaux du lit. Sur ce lit, au lieu du scélérat à mine repoussante qu’elles s’attendaient à voir, était étendu un pauvre enfant, épuisé de fatigue et de souffrance, et plongé dans un profond sommeil. Il avait un bras en écharpe, replié sur la poitrine, et il appuyait sur l’autre sa tête à demi cachée par une longue chevelure qui flottait sur l’oreiller.
L’honnête docteur, tenant le rideau soulevé, resta une minute environ à regarder en silence le pauvre blessé. Tandis qu’il l’examinait, la jeune fille se glissa doucement près de lui, s’assit à côté du lit et écarta les cheveux qui couvraient la figure d’Olivier ; en se penchant sur lui, elle laissa tomber des larmes sur son front.

L’enfant tressaillit et sourit dans son sommeil, comme si ces marques de pitié et de compassion l’eussent fait rêver d’amour et d’affection qu’il n’avait jamais connus ; de même que les sons d’une musique harmonieuse, le murmure de l’eau dans le silence des bois, le parfum d’une fleur, ou même l’emploi d’un mot qui nous est familier, rappellent parfois à notre imagination le vague souvenir de scènes sans réalité dans notre vie ; souvenir qui se dissipe comme un souffle, et qui semble se rattacher à une existence plus heureuse et passée depuis longtemps : car l’esprit humain est impuissant à le reproduire et à le fixer.
« Qu’est-ce à dire ? s’écria la vieille dame. Il est impossible que ce pauvre enfant ait été complice des voleurs.
— Le vice, dit le docteur avec un soupir en laissant retomber le rideau, le vice fait sa demeure dans bien des temples : qui sait s’il ne se cache pas sous cet extérieur séduisant ?
— Mais il est si jeune ! se hâta de dire Rose.
— Ma chère demoiselle, continua le chirurgien en secouant tristement la tête, le crime est comme la mort : il n’est pas seulement le partage de la vieillesse et de la décrépitude ; la jeunesse et la beauté sont trop souvent les victimes qu’il choisit de préférence.




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Olivier Twist I - Charles Dickens (livre audio)Après la disparition de sa mère, morte en le mettant au monde, Olivier Twist est placé et élevé dans un orphelinat. Il devient vite le souffre-douleur du cruel bedeau Bumble qui pour s'en débarrasser, le place comme apprenti chez un fabricant de cercueils. Maltraité, Olivier s'enfuit à Londres où il est enrôlé dans une bande d'enfants-voleurs dirigé par Fagin, un homme redoutable. 

Extrait : Un jour, dont il n’est pas nécessaire de préciser la date, d’autant plus qu’elle n’est d’aucune importance pour le lecteur, naquit dans ce dépôt de mendicité le petit mortel dont on a vu le nom en tête de ce chapitre.

Longtemps après que le chirurgien des pauvres de la paroisse l’eut introduit dans ce monde de douleur, on doutait encore si le pauvre enfant vivrait assez pour porter un nom quelconque : s’il eût succombé, il est plus que probable que ces mémoire
s n’eussent jamais paru, ou bien, ne contenant que quelques pages, ils auraient eu l’inestimable mérite d’être le modèle de biographie le plus concis et le plus exact qu’aucune époque ou aucun pays ait jamais produit.

Quoique je sois peu disposé à soutenir que ce soit pour un homme une faveur extraordinaire de la fortune, que de naître dans un dépôt de mendicité, je dois pourtant dire que, dans la circonstance actuelle, c’était ce qui pouvait arriver de plus heureux à Olivier Twist : le fait est qu’on eut beaucoup de peine à décider Olivier à remplir ses fonctions respiratoires, exercice fatigant, mais que l’habitude a rendu nécessaire au bien-être de notre existence ; pendant quelque temps il resta étendu sur un petit matelas de laine grossière, faisant des efforts pour respirer, balancé pour ainsi dire entre la vie et la mort, et penchant davantage vers cette dernière. Si pendant ce court espace de temps Olivier eût été entouré d’aïeules empressées, de tantes inquiètes, de nourrices expérimentées et de médecins d’une profonde sagesse, il eût infailliblement péri en un instant ; mais comme il n’y avait là personne, sauf une pauvre vieille femme, qui n’y voyait guère par suite d’une double ration de bière, et un chirurgien payé à l’année pour cette besogne, Olivier et la nature luttèrent seul à seul.



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Le magasin d'antiquités II - Charles Dickens (livre audio) | @ebookaudio

Le magasin d'antiquités II - Charles Dickens (livre audio)Nelly et son grand-père vivent dans une petite maison. Kit, un brave et honnête garçon, les sert avec une loyauté sans faille... Mais le vieil homme, bien qu'adorant l'enfant, cache de sombres secrets... Un horrible nain, Mr Quilp, va les chasser de leur maison et les poursuivre, persuadé que le vieil homme a emporté un magot. Pendant ce douloureux voyage au travers de l'Angleterre, ils rencontreront toute une galerie de personnages parfois sinistres mais aussi souvent pittoresques (les deux polichinelles, le dresseur de chien, la dame du musée de cire, etc). Au travers du destin tragique de Nelly, Dickens dénonce le caractère inhumain du monde industriel de cette Angleterre de la fin du XIXème siècle. 

Extrait : Kit, pendant les événements qui ont rempli les quinze derniers chapitres, s’était, comme on pense, familiarisé de plus en plus avec M. et mistress Garland, M. Abel, le poney, Barbe, et peu à peu il en était venu à les considérer tous, tant les uns que les autres, comme ses amis particuliers, et Abel-Cottage comme sa propre maison.

Halte ! Puisque ces lignes sont écrites, je ne les effacerai pas mais si elles donnaient à croire que Kit, dans sa nouvelle demeure où il avait trouvé bonne table et bon logis, commença à penser avec dédain à la mauvaise chère et au pauvre mobilier de son ancienne maison, elles répondraient mal à notre pensée, tranchons le mot, elles seraient injustes. Qui, mieux que Kit, se fût souvenu de ceux qu’il avait laissés dans cette maison, bien que ce ne fussent qu’une mère et deux jeunes enfants ? Quel père vantard eût, dans la plénitude de son cœur, raconté plus de hauts faits de son enfant prodige, que Kit ne manquait d’en raconter chaque soir à Barbe, au sujet du petit Jacob ? Et même, s’il eût été possible d’en croire les récits qu’il faisait avec tant d’empha
se, y eut-il jamais une mère comme la mère de Kit, du moins au témoignage de son fils, ou bien y eut-il jamais autant d’aisance au sein même de la pauvreté, que dans la pauvreté de la famille de Kit ?

Arrêtons-nous ici un instant pour faire remarquer que, si le dévouement et l’affection domestique sont toujours une chose charmante, nulle part ils n’offrent plus de charme que chez les pauvres gens, les liens terrestres qui attachent à leur famille les riches et les orgueilleux sont trop souvent de mauvais aloi ; mais ceux qui attachent le pauvre à son humble foyer sont de bon métal, et portent l’estampille du ciel. L’homme qui descend de noble race aime les murailles et les terres de son héritage comme une partie de lui-même, comme des insignes de sa naissance et de son autorité ; son union avec elles est l’union triomphale de l’orgueil et de la richesse.



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Le magasin d'antiquités I - Charles Dickens (livre audio) | @ebookaudio

Le magasin d'antiquités I - Charles Dickens (livre audio)Nelly et son grand-père vivent dans une petite maison. Kit, un brave et honnête garçon, les sert avec une loyauté sans faille... Mais le vieil homme, bien qu'adorant l'enfant, cache de sombres secrets... Un horrible nain, Mr Quilp, va les chasser de leur maison et les poursuivre, persuadé que le vieil homme a emporté un magot. Pendant ce douloureux voyage au travers de l'Angleterre, ils rencontreront toute une galerie de personnages parfois sinistres mais aussi souvent pittoresques (les deux polichinelles, le dresseur de chien, la dame du musée de cire, etc). Au travers du destin tragique de Nelly, Dickens dénonce le caractère inhumain du monde industriel de cette Angleterre de la fin du XIXème siècle. 

Extrait : Souvent, dans l’été, je quitte mon logis dès l’aube du matin, et j’erre tout le long du jour par les champs et les ruelles écartées, ou même je m’échappe durant plusieurs journées ou plusieurs semaines de suite ; mais, à moins que je ne sois à la campagne, je ne sors guère qu’après le soleil couché, bien que, grâce au ciel, j’aime autant que toute autre créature vivante ses rayons et la douce gaieté dont ils animent la terre.

Cette habitude, je l’ai insensiblement contractée ; d’abord, parce qu’elle est favorable à mon infirmité[1], et ensuite parce qu’elle me fournit le meilleur moyen d’établir mes observations sur le caractère et les occupations des gens qui remplissent les rues. L’éblouissement de l’heure de midi, le va-et-vient confus qui règne alors, conviendraient mal à des investigations paresseuses comme les miennes : à la clarté d’un réverbère, ou par l’ouverture d’une boutique, je saisis un trait des figures qui passent devant moi, et cela sert mieux mon dessein que de les contempler en pleine lumière : pour dire vrai, la nuit est plus favorable à cet égard que le jour, qui, trop fréquemment, détruit, sans souci ni cérémonie, un château bâti en l’air, au moment où on va l’achever.
N’est-ce pas un miracle que les habitants des rues étroites puissent supporter ces allées et venues continuelles, ce mouvement qui n’a jamais de halte, cet incessant frottement de pieds sur les dures pierres du pavé qui finissent par en devenir polies et luisantes ! Songez à un pauvre malade, sur une place telle que Saint-Martin’s Court, écoutant le bruit des pas, et, au sein de sa peine et de sa souffrance, obligé, malgré lui, comme si c’était une tâche qu’il dût remplir, de distinguer le pas d’un enfant de celui d’un homme, le mendiant en s
avates de l’élégant, bien botté, le flâneur de l’affairé, la démarche pesante du pauvre paria qui erre à l’aventure, de l’allure rapide de l’homme qui court à la recherche du plaisir ; songez au bourdonnement, au tumulte dont les sens du malade sont constamment accablés ; songez à ce courant de vie sans aucun temps d’arrêt, et qui va, va, va, tombant à travers ses rêves troublés, comme s’il était condamné à se voir couché mort, mais ayant conscience de son état, dans un cimetière bruyant, sans pouvoir espérer de repos pour les siècles à venir !



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La Terre de Tom Tiddler - Charles Dickens (livre audio) | @ebookaudio

La Terre de Tom Tiddler - Charles Dickens (livre audio)Des voyageurs rencontrent l'ermite Tom Tiddler et lui racontent... C'est ainsi que nous découvrons la réconcilation d'un père d'avec son fils, l'évasion de deux forçats, le destin d'un enfant né sur un navire le même jour qu'un autre, la poursuite à travers l'Amérique d'un voleur de portefeuille.

Extrait: A l’étonnement et à l’épouvante exprimés dans son regard et dans ses manières, il était évident que la renommée de l’ermite n’était pas encore parvenue jusqu’à lui. Aussitôt qu’il put parler, il fit observer d’un air apologétique qu’il était étranger à cette contrée, avait été frappé par l’aspect pittoresque des ruines de la cour et des dépendances, et qu’il avait regardé à la porte avec l’idée de ne rien trouver de plus remarquable que des matériaux pour faire une esquisse d’après nature.

Après avoir révélé le mystère de l’ermite à cet étranger bouleversé, le voyageur lui expliqua qu’il désirait, pour animer M. Mopes et la matinée, que les visiteurs qui s’arrêteraient à la porte voulussent bien faire quelques récits tirés de leur expérience personnelle, récits qui seraient très appréciés dans cette triste localité. Tout d’abord, le visiteur ainsi interpellé hésita, non pas tant, comme on le vit plus tard, faute de moyens de répondre à l’appel qui lui était fait, que faute de ressources pour stimuler dans le moment sa propre mémoire. Accédant à la demande du voyageur, il entra presque aussitôt en conversation avec l’ermite.
– Je n’ai jamais vu aucun bien résulter, dit le monsieur, de la résolution d’un homme s’enfermant comme vous le faites. Je connais cette tentation, je l’ai éprouvée et j’y ai cédé moi-même, mais il n’en n’est jamais résulté rien de bon. Toutefois, attendez, ajouta-t-il, en revenant sur ce qu’il avançait, comme un homme scrupuleux qui ne voudrait p
as accepter, pour appuyer sa chère théorie le secours du moindre détail faux. Je me rappelle une bonne chose qui résulta d’un certain point de la vie solitaire menée par un homme.

L’ermite pressa ses barreaux d’un air de triomphe. Le voyageur, sans se décourager, demanda à l’étranger de mentionner le fait.
– Vous l’entendrez, répondit-il, mais avant de commencer je dois vous dire que la période de mon récit date de quelques années, qu’à l’époque dont je parle je venais d’éprouver un revers considérable de fortune, et que, m’imaginant que mes amis me feraient sentir ma perte si je restais parmi eux, je m’étais déterminé à me cacher dans un endroit solitaire et à mener une vie tout à fait retirée, jusqu’à ce que je pusse recouvrer en partie mes pertes. L’histoire que je vais vous raconter est celle de bonnes actions révélées, de bons instincts excités, d’une bonne œuvre faite, d’un bon résultat obtenu, et le tout par les Ombres du soir.




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Les temps difficiles - Charles Dickens (livre audio)M. Gradgrind a donné à ses enfants Tom et Louise, une éducation rigoureuse, sans tendresse, ne laissant place ni à l'imagination, ni à la rêverie, comme il nous l'explique: «Ce que je veux, ce sont des faits. Enseignez des faits à ces garçons et à ces filles, rien que des faits. Les faits sont la seule chose dont on ait besoin ici-bas.». Louise épouse M. Bounderby, l'ami de M Gradgrind, riche industriel parti de rien et fier de sa réussite. Il emploiera Tom dans sa banque comme comptable. Le destin semble tracé pour tout le monde, quand un nouveau personnage entre en scène, M. Harthouse, un jeune dandy qui a beaucoup d'influence sur Tom. De plus un vol survient à la banque de M. Bounderby. Un honnête ouvrier, Étienne Blackpool, est accusé du vol, mais qui est réellement le coupable?... Roman le plus engagé de Dickens, Les Temps difficiles nous plonge dans les débuts de la révolution industrielle qui transforme l'aimable campagne anglaise en un pandémonium d'usines, de canaux, d'installations minières, de fabriques, d'entrepôts, de banlieues misérables, où survit un prolétariat totalement exploité. Sous un ciel de suie, Coketown, la ville du charbon (Manchester en réalité), est d'autant plus l'image de l'enfer que la classe ouvrière n'y est pas encore organisée et qu'elle apparaît ainsi comme la victime toute désignée de politiciens sans scrupules et d'une bourgeoisie, parfois compatissante et troublée dans son confort moral, mais toujours persuadée de la divinité de ses droits. Le roman de Dickens correspond point pour point à l'analyse qu'en ces mêmes années et dans cette même Angleterre, Fr. Engels entreprenait de la naissance du capitalisme moderne. extrait : Bounderby, dit M. Gradgrind en approchant une chaise du feu, vous vous êtes toujours trop intéressé à mes jeunes gens, surtout à Louise, pour que j'aie besoin de m'excuser avant de vous confier que cette découverte m'a beaucoup, beaucoup peiné. Je me suis systématiquement dévoué, vous ne l'ignorez pas, à l'éducation de la raison chez mes enfants. La raison, vous savez, est la seule faculté à laquelle doive s'adresser l'éducation.

Extrait: « Or, ce que je veux, ce sont des faits. Enseignez des faits à ces garçons et à ces filles, rien que des faits. Les faits sont la seule chose dont on ait besoin ici-bas. Ne plantez pas autre chose et déracinez-moi tout le reste. Ce n’est qu’au moyen des faits qu’on forme l’esprit d’un animal qui raisonne : le reste ne lui servira jamais de rien. C’est d’après ce principe que j’élève mes propres enfants, et c’est d’après ce principe que j’élève les enfants que voilà. Attachez-vous aux faits, monsieur ! »

La scène se passe dans une salle d’école nue, monotone et sépulcrale, et le petit doigt carré de l’orateur donnait de l’énergie à ses observations en soulignant chaque sentence sur la manche du maître d’école. L’énergie était encore augmentée par le front imposant de l’orateur, mur carré qui avait les sourcils pour base, tandis que les yeux trouvaient un logement commode dans deux caves obscures, ombragées par le mur en question ; l’énergie était encore augmentée par la bouche large, mince et sévère de l’orateur ; l’énergie était encore augmentée par le ton inflexible, dur et dictatorial de l’orateur ; l’énergie était encore augmentée par les cheveux de l’orateur, lesquels se hérissaient sur les côtés de sa tête chauve, ainsi qu’une plantation de pins destinée à préserver du vent la surface luisante du crâne, couverte d’autant de bosses que la croûte d’un chausson de pommes, comme si cette tête eût à peine trouvé assez de place dans ses magasins pour loger tous les faits solides entassés à l’intérieur. L’allure obstinée, l’habit carré, les jambes carrées, les épaules carrées de l’orateur, voire même sa cravate, dressée à le prendre à la gorge avec une étreinte peu accommodante, comme un fait opiniâtre, tout contribuait à augmenter enco
re l’énergie.

« Dans cette vie, nous n’avons besoin que de faits, monsieur, rien que de faits ! »
L’orateur et le maître d’école, et le troisième personnage adulte qui se trouvait en scène, reculèrent un peu pour mieux envelopper dans un coup d’œil rapide le plan incliné où l’on voyait rangés en ordre les petits vases humains dans lesquels il n’y avait plus qu’à verser des faits jusqu’à ce qu’ils en fussent remplis à pleins bords.




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