mercredi 26 octobre 2016

Catherine Blum - Alexandre Dumas (livre audio) | @ebookaudio

Catherine Blum - Alexandre Dumas (livre audio)Forêt de Villers-Cotterêts, mai 1829. Les époux Watrin, dont le mari est garde-chasse du duc d'Orléans, ont élevé trois enfants : Bernard, leur fils, maintenant garde-chasse lui aussi, Catherine, leur nièce, dont le père était un prisonnier allemand blessé recueilli par la famille, et Mathieu, un enfant abandonné qu'ils ont recueilli. Catherine et Bernard ont peu à peu appris à s'aimer, d'abord comme frère et soeur, puis comme des amants. Après dix-huit mois passés à Paris en apprentissage, Catherine revient chez les Watrin pour s'établir comme modiste à la ville toute proche. La longue séparation a conforté les deux jeunes gens dans leur amour. Mathieu, qui a un fond méchant et une rancune tenace envers Bernard, va inventer un piège diabolique pour faire échouer leur projet de mariage en manipulant l'honnête famille et en provoquant habilement la jalousie du jeune amant. Catherine Blum tient à la fois du théâtre, de l'étude de moeurs, du conte et du roman policier. Dumas s'y essaye avec bonheur au roman contemporain, sans dimension historique, et s'implique intimement en décrivant avec émotion, dans un long premier chapitre, les lieux de son enfance. 

Extrait : Cette route, après avoir déjà rencontré la forêt, qu’elle traverse dans la longueur d’un kilomètre, à Gondreville, et qu’elle écorne à la Croix-Blanche ; après avoir laissé à sa gauche le chemin de Crépy ; après avoir fléchi un instant devant les carrières de la Fontaine-Eau-Claire ; après s’être précipitée dans la vallée de Vauciennes ; après l’avoir remontée ; après avoir, d’une ligne assez droite, gagné Villers-Cotterêts, qu’elle occupe par un angle obtus, sort à l’extrémité opposée de la ville, et va, à angle droit, au pied de la montagne de Dampleux, côtoyer d’un côté la forêt, et de l’autre la plaine où s’élevait autrefois cette belle abbaye de Saint-Denis, dans les ruines de laquelle j’ai si joyeusement couru étant enfant, et qui aujourd’hui, n’est plus qu’une jolie petite maison de campagne habillée de blanc, coiffée d’ardoises, parée de contrevents verts, et perdue au milieu des fleurs, des pommiers et du feuillage mouvant des trembles.

Puis elle entre résolument dans la forêt, qu’elle occupe dans toute son épaisseur, pour n’en sortir, deux lieues et demie plus loin, qu’au relais de poste nommé Vertefeuille.
Pendant cette longue traversée, une seule maison s’élève à droite du chemin ; elle a été bâtie du temps de Philippe-Égalité, pour servir de demeure à un garde chef. On l’a appelée alors laMaison-Neuve,et, quoiqu’il y ait à peu près soixante-dix ans qu’elle a poussé comme un champignon au pied des hêtres et des chênes gigantesques qui l’ombragent, elle a, telle qu’une vieille coquette qui se fait appeler par son nom de baptême, conservé l’appellation juvénile sous laquelle elle a d’abord été connue.
Pourquoi pas ? Le Pont-Neuf, bâti en 1577, sous Henri III, par l’architecte Ducerceau, se fait bien toujours appeler le Pont-Neuf !
Revenons à la Maison-Neuve, centre des événements rapides et simples que nous allons raconter, et faisons-la connaître au lecteur par une description détaillée.
La Maison-Neuve s’élève, en allant de Villers-Cotterêts à Soissons, un peu au-delà du Saut-du-Cerf, endroit où la route se resserre entre deux talus, et qui fut ainsi nommé parce que, à une chasse de monsieur le duc d’Orléans (Philippe-Égalité, toujours : Louis-Philippe, on le sait, n’était point chasseur), un cerf effaré sauta d’un talus à l’autre, c’est-à-dire franch
it un intervalle de plus de trente pieds !

C’est en sortant de cette espèce de défilé que l’on aperçoit, à cinq cents pas en avant, à peu près, la Maison-Neuve, bâtisse à deux étages et à toit de tuiles troué par des lucarnes, avec deux fenêtres au rez-de-chaussée et deux fenêtres au premier.
Ces fenêtres, percées sur un des côtés de la maison, regardent l’occident, c’est-à-dire Villers-Cotterêts, tandis que sa face, tournée du côté du nord, s’ouvre sur la route même par la porte qui donne entrée dans la salle du bas, et par une fenêtre qui donne jour à une chambre du haut.




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